Après 20 jours de « test », le constat est clair : bloguer ne me manque absolument pas ! Au contraire, finie l’angoisse de devoir me mettre à mon bureau le dimanche soir venu pour pondre un résumé de ma vie ou trouver quelque chose d’intéressant à raconter, des photos originales à montrer, des angles d’approche pour faire découvrir. D’où acte : il est temps pour moi de mettre fin à ce blog et de remercier du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui l’ont fait vivre, régulièrement ou occasionnellement ! M-E-R-C-I !

Par ailleurs, cet arrêt ferme une autre longue parenthèse pour moi, celle de l’hyperprésence sur le net (et je dis bien « présence » et non « identité » ou « statut », car je reste contre l’idée de voir mon identité dupliquée sur le Net, mais ceci est un autre débat). Je sais, pour quelqu’un qui n’a pas de vrai compte Facebook actif (pas de jaloux : même Monsieur n’a pas le droit de connaître mon nom de compte) et qui a en horreur YouTube, Snapchat et Périscope, je suis une petite joueuse, mais justement, étant monotâche, je n’aime pas me disperser partout et multiplier mes « interventions ». Je ne pars donc pas en cure de détox ou je ne sais quelle ânerie mais je me libère peu à peu de mon obligation de rendre des comptes (oui, vous étiez un peu mes n+1, quelque part, c’est con pour une indépendante…). Internet ayant débarqué très tôt dans ma vie (en 1998, vers mes 11 ans), c’était une évidence pour moi de trouver quelque chose à apporter. 20 ans plus tard, soyons lucides, je tourne en rond et à part un egotrip qui ne me correspond pas toujours, ce n’est pas moi qui vais révolutionner le monde virtuel.

En me détachant d’une plateforme qui visait, volontairement ou pas, à mettre ma vie en scène, je cherche aussi à questionner mon rapport à l’omniprésence du smartphone. Si je m’y suis mise relativement tard car très très réfractaire à l’idée d’avoir un engin qui fasse littéralement tout, j’y ai succombé à pieds joints lorsque monsieur m’a parlé des fonctions Notes et Agenda : le Graal, quoi. Et j’ai tout consigné : dépenses, lectures, lectures à venir, RDV, impressions, listes de courses, dettes. Heureusement, je n’ai jamais succombé à l’appel des e-mails professionnels à toute heure du jour et de la nuit, mais ça aurait pu. Mais à l’extérieur, c’était plus naturel de sortir le portable pour tapoter des choses qu’un carnet, comme si les notes illisibles que j’y aurais apposées étaient dignes d’intérêt.

Car oui, un smartphone, c’est très rassurant. Surtout pour quelqu’un qui est assez souvent mal à l’aise en société, qui tire son pull vers le bas et son pantalon vers le haut. Quelqu’un qui ne sait pas quoi faire de ses mains quand elle n’a pas de poche (et marcher les mains fourrées dans ses poches arrière, ça marche moyennement, sauf quand on veut faire croire qu’on se gratte les fesses en permanence). C’est aussi très pratique pour décompresser dans les toilettes de ses parents, entre deux discussions un peu chiantes.

Bref, ma démarche consiste (encore une fois) à renouer avec moi-même, et pas du tout à « aller vers les gens », je ne suis pas assez sociable pour ça. En ce moment, mes 3 à 4 jours hebdomadaires dans la peau d’une salariée me pompent suffisamment d’énergie comme ça. Je ne cherche pas non plus directement à m’ériger contre les groupes tout-puissants, la religion de l’instantané et l’obsolescence programmée, autres sujets qui me travaillent. Même si j’estime que lesdits groupes ont une responsabilité morale vis-à-vis de nos usages, que je ne souhaite pas participer plus que nécessaire à la folie furieuse du tout-dans-l’urgence et à la fortune des GAFA et que ce sont aussi les ralentissements bien énervants sur mon iPhone qui m’ont aidée à poursuivre ma réflexion sur le sujet.

Car auparavant, j’avais déjà fait plusieurs tentatives de passer moins de temps à fixer un petit écran, notamment en consacrant chacun de mes appareils à des usages différents – sans grand succès. Au final, je passais quand même trop de temps à actualiser ceci, à regarder cela, alors qu’à la base, j’ai la chance de ne pas être une grande procrastinatrice. Mais justement, est-ce que je ne le serais pas moins que la moyenne observée tout simplement parce que je n’ai pas Facebook et ses fonctions de messagerie instantanée si pratiques ? Malgré tout, ma présence, aussi faible soit-elle sur Twitter et Instagram, m’aspirait du temps. Et le piège, c’est que ce n’était pas du temps tout à fait inutile : pendant une lecture, j’allais consulter l’avis de telle ou telle personne sur le bouquin en question, vérifier la définition d’un mot inconnu au bataillon, et puis tiens, voir comment il se dit en anglais, en allemand et en chinois (on ne se refait pas…), prendre des notes en même temps. Au final, ça me donnait une lecture hachée et une capacité incroyable à me déconcentrer pour un rien. Alors qu’en ce moment, je lis avec le portable loin ou juste retourné. Ce qui donne, pour le seul mois de février 7 romans et essais, 7 BD, 13 mangas et 5 magazines lus. Les chiffres ne sont évidemment pas là pour impressionner et ne vont pas forcément durer, mais c’est juste qu’auparavant, il m’aurait fallu un semestre pour terminer péniblement le même nombre de romans. Ça fait réfléchir.

Pour sortir du cadre des réseaux sociaux tout en restant dans celui du smartphone, il y a aussi le cas du GPS. Je n’ai jamais eu la moindre once de sens de l’orientation mais… ce n’est certainement pas Google Maps qui m’a aidée à remonter la pente ! Au contraire, quoi de mieux pour ne jamais avoir l’air hagard dans la rue qu’un GPS ? Depuis que j’essaie de m’en passer, je retiens bien plus d’itinéraires, je découvre plein de gens prêts à m’indiquer le chemin, je travaille un peu plus ma mémoire. Je reste un cas désespéré, mais au moins, je ne sombre pas plus !
De même pour les notes prises sur mes lectures et ma vie. En ne le faisant plus, j’absorbe bien plus de matière littéraire et me surprends à pouvoir prendre des notes un jour après, sans consulter mes livres. Raisonner sans m’a donc permis de travailler ma mémoire comme je le souhaitais pour mes résolutions de 2017 et m’enlève l’angoisse de ne pas avoir de support informatique sous la main. Du coup, la mauvaise mémoire que je revendique haut et fort, je me rends compte que je ne l’ai que depuis une petite dizaine d’années ; il y a certes l’âge, le retrait de l’apprentissage scolaire et quelques événements personnels gommés de ma vie en début de vingtaine qui ont provoqué une sorte d’amnésie générale, mais il y a aussi cette paresse intellectuelle qui s’est bien immiscée en moi. Mais que je mets un point d’honneur à chasser pour renouer avec le bonheur d’avoir des pensées qui surgissent à des moments inopportuns.

Cela dit, fixer toute cette réflexion n’aurait pas été possible sans quelques outils et ressources bien pratiques. Déjà, mon agenda (papier) qui me sert surtout pour le travail et les RDV en tous genres. Puis le journal Midori : ça a été une révélation pour moi – au bout de 4 ans – de me dire que je pouvais parfaitement noter tout ce qui me passait par l’esprit au fur et à mesure dans un cahier au lieu d’un smartphone que je redoute en plus de perdre ou de me faire voler. D’autant que maintenant, j’ai aménagé mon Midori de manière à ce qu’il reflète ma façon d’organiser ma vie. Sur Internet, il y a les e-mails dont j’ai toujours été très friande. Et puis le smartphone, que je ne compte pas abandonner. J’envisage juste de changer de modèle, pas forcément pour un plus performant ou moins performant, mais un modèle simple qui me permette d’envoyer des e-mails professionnels à une vitesse de saisie raisonnable, de suivre quelques réseaux sociaux (y compris LinkedIn, ce merveilleux monde parallèle où tout le monde semble s’être drogué :D), de me donner une certaine contenance si besoin, de faire ma liste de courses, d’écouter des podcasts…

Au final, je vous inflige cet ultime gros pavé parce qu’après tant d’années, je trouve que je devais ces explications à mon blog (je ne suis pas folle, vous savez). Tant pis pour les billets en brouillon que j’aurais voulu terminer commencer sur ma rupture (mentale) avec ma famille, ma condition passée d’écrivaine publique pour ma famille ou encore d’autres réflexions sans fin sur la condition asiatique en France. Et pas tant pis du tout pour toutes les photos qui ont sauté lorsque Photobucket est devenu un site totalement immoral cherchant à déposséder ses utilisateurs de photos qui ne lui appartiennent pas (n’est-ce pas la preuve que peu de sites sont fiables, finalement ?).
Il n’est bien évidemment pas impossible que je lance un certain Tumblr (il avance, il avance) ou d’autres petits « projets », auquel cas je le communiquerai sur Twitter et/ou Instagram. Bref, je ne me déconnecte pas, je cherche juste à consommer et à vivre différemment =)

Merci encore de m’avoir suivie, on se retrouve en chair et en os, par e-mail, par téléphone, que sais-je !
Quand j’ai lancé ce blog, né des cendres d’un blog plus vieux encore et hébergé par LiveJournal, mon but caché était de nouer des amitiés. J’étais à une époque de ma vie où je me sentais isolée et seule et, si je ne sais pas si j’ai réussi à sortir de cet isolement mental, je sais que j’ai fait plus de rencontres que je n’en ai jamais rêvé et pour ça, je remercie du fond du cœur toutes les personnes concernées <3

Du coup, le but ayant été atteint, en quelque sorte, je sens comme un coup de butoir à mon « activité » : je ne vois plus trop ce que j’ai à raconter et au lieu de continuer à tourner en rond, je préfère entamer une période de pause.

Tout cela s’inscrit certainement dans ma démarche de passer moins de temps sur les réseaux sociaux, qui me bouffent un temps fou et me heurtent en plus beaucoup, mais reflète aussi l’espèce de crise de foi que je traverse (la énième, certes). Depuis un bon semestre, une bonne année même, je me débats en effet dans ce que je fais et peine à trouver un sens à mes actes, mon travail, mes travaux.

Pour autant, je ne suis pas malheureuse, mais retrouver du sens pour être moins blasée mobilise tellement d’énergie et je suis tellement monotâche et monomaniaque que je ne me vois pas mener de front toutes ces réflexions.

Je vais donc me recentrer sur moi-même et, pourquoi pas, revenir avec quelque chose de neuf à proposer. Ce qui ne veut pas dire que je me renferme sur moi-même ! Je reste toujours accessible par e-mail, téléphone, Whats App et commentaires ici. Je m’enlève juste la pression d’écrire ma vie à intervalles réguliers tout en sachant qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil.
À bientôt, ici ou ailleurs !
Station Auber, à Paris



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Dans la morosité de fin d’année, je me disais que 2017 n’avait pas été une chouette année (sans être comparable à l’ouragan 2016) et que je n’aurais peut-être que des années en demi-teinte maintenant que je suis une trentenaire. Et puis je me suis fait un bilan à l’ancienne, avec des plus et des moins, et me suis rendu compte que c’était bien capricieux de ma part de vouloir toujours plus.

Disons qu’il y a deux tendances de fond pas réjouissantes qui s’incrustent un peu trop dans ma vie et qu’elles me font éclipser le reste, alors que je devrais apprendre à voir les choses dans leur globalité – autre raison pour laquelle j’ai commencé à faire des « récits de semaine » plutôt que des listes : pour apprendre à être plus nuancée, quand bien même j’aurais une mémoire de poisson rouge.

© Jacques Rouxel

 

Faux départ

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Décembre a été un mois bien plus reposant que novembre, me permettant de mener à bien la plupart des derniers objectifs de l’année. Pas tout, mais sinon, cette rubrique n’aurait plus de raison d’être, n’est-ce pas ? ^^

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Cette semaine…