La semaine 2017#42 en Chine

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Musée de Dunhuang, Chine

Avec ce billet, je reviens sur mes vacances en Chine, dans la ville de Dunhuang (敦煌) sur la Route de la Soie. Un autre billet suivra très vite pour raconter la seconde semaine, à Shanghai et à Pékin. Comme d’habitude, je n’ai ni l’ambition de faire un guide de voyage, ni celle d’être exhaustive ; le but est juste de garder une trace écrite de notre petit périple et pourquoi pas, vous donner envie de (re)visiter ce pays si contrasté. En tout cas, j’ai réappris à l’apprivoiser et j’en reviens comblée, au point de m’imaginer y vivre (pour quelque temps). Je sais, vous tombez des nues, moi aussi… En tout cas, c’est parti !
[Ce billet contient beaucoup de photos assez lourdes, la page peut donc être longue à charger !]

Partie 1 : Dunhuang (敦煌) et ses alentours

En guise d’introduction : pourquoi Dunhuang ? Parce que ma mère y tenait, c’est aussi simple que ça. Pour ma part, si je ne dis jamais non à un voyage, quel qu’il soit, la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, n’est pas celle qui m’attirait le plus. Je me voyais bien tout au sud, dans le Yunnan, au plus près des plantations de théier, en tout cas :)
Et surtout, sachant qu’avec mes parents, l’aventure est limitée, aussi bien en raison de leur caractère que de leur âge, j’étais presque frustrée de devoir remiser mes images de désert à perte de vue et de Jeep sur les collines au profit de sites bien touristiques et bien balisés. J’avais tort, évidemment…

Toujours est-il qu’après plusieurs mois de tractations Dunhuang-Yunnan-Dunhuang-Pérou (!)-Yunnan-Dunhuang typiques de mes parents, ceux-ci ont décidé mi-septembre de partir début novembre. Constatant l’absence de vols domestiques à destination de Dunhuang, j’appelle pour la millième fois à la rescousse mon amie-qui-vit-en-Chine et qui a dû parcourir plus de régions et de pays que le monde n’en porte réellement. Le verdict a été sans appel : faut qu’on se magne, car après, il fait froid et il n’y aura pas forcément de vols tous les jours. Du coup, nous voilà me voilà une nuit en pleine semaine à essayer d’acheter des billets sur les sites de compagnies aériennes chinoises, tous mal fichus, truffés de bugs et d’une lenteur à pleurer. Du coup, me voilà en train de faire des bêtises sur le site d’Air China sans même m’en apercevoir, par exemple en achetant tous les billets séparément au lieu de prendre des multivols. À ma décharge, le bouton « multivols » avait DIS-PA-RU du site lorsque je l’ai consulté, mais je n’ai jamais réussi à faire avaler à mes parents qu’un site était pourvu de boutons. Du coup, nous avons payé une certaine somme en plus – sans non plus nous ruiner. Typique de mes parents et de moi-même.

Ensuite, il a fallu s’occuper des hébergements, des autres modes de transport qu’on emprunterait et de notre itinéraire plus qu’approximatif pour enfin obtenir le Graal, aussi appelé visa chinois dans nos contrées. Je ne vais pas être mauvaise langue : contrairement à l’accueil froid et à la limite de l’impolitesse auquel j’avais eu droit en 2011, cette fois, tout s’est très bien passé, l’employé était sympa (je n’irais pas jusqu’à dire « chaleureux ») et rien n’était à déplorer.

Finalement, le jour J, nous nous sommes préparés à notre course d’endurance : un Paris-Pékin en vol de nuit, suivi d’un vol Pékin-Dunh… ah non, suivi six heures plus tard d’un vol Pékin-Dunhuang, six heures à ne pas savoir quoi faire dans l’immense aéroport vide de Beijing Capital (drôle de nom), à avoir drôlement froid, à compter les secondes et à constater que le wifi de l’aéroport semble réservé aux seuls détenteurs d’un numéro de téléphone chinois (« tente celui de l’aéroport », m’a suggéré malicieusement mon père) et que, de toute façon, nous sommes arrivés en plein pendant les préparatifs du 19e Congrès du PCC et que nombre de communications étaient bloquées. Au revoir Whats App, Instagram, Twitter et bien sûr, tous les services Google. Groumpf. À près de 22 heures, nous voici enfin à Dunhuang et en moins d’une demi-heure, nous sommes entrés dans l’auberge-corps de ferme choisie par ma mère et où nous passerions une petite semaine. Hourra, il ne nous a fallu que 26 heures pour arriver à destination ^^

Après une bonne nuit de sommeil (la seule à Dunhuang, pour moi), je pars explorer les lieux bien sympathiques.



C’est un peu vide, certes, puisqu’on touche au terme de la haute saison… Actuellement, l’auberge a même fermé ses portes pour la saison hivernale.


Je tombe assez amoureuse de la carte de la ville et des principaux sites touristiques, dessinée à même le mur par un étudiant en art pendant un mois.


Vu l’heure à laquelle nous avons émergé, c’est déjà l’heure du déjeuner. Mes parents commencent déjà à apprécier de pouvoir faire du tourisme à leur rythme, sans être soumis aux morning calls qui ponctuent les voyages en circuit. Notre chauffeur, qui est aussi le patron de l’auberge, nous initie tout de suite à la nourriture locale dans une enseigne historique spécialisée dans la viande… d’âne. Mamma mia, je me doutais bien que j’allais être très carnivore dans cette région de Chine, mais me voici tout de suite dans le bain. Heureusement, il y a quand même une plâtrée de nouilles au mapo tofu, du tofu et de la viande hachée au piment. Beaucoup de piment. Et ce n’est là que le premier plat d’une longue série de nouilles et de piments.


Les légumes sont un peu tristounes mais pas mauvais. Quant à la viande d’âne, que j’ai quand même goûtée pour le principe, elle ressemble à du bœuf en plus fort/rance. Sachant que je trouve le bœuf très fort maintenant que je n’en mange quasiment plus, j’ai laissé l’âne mort tranquille au bout de quelques bouchées. Sur les tables, il y a des théières trop immenses pour contenir du thé et, vérification faite, il s’agit effectivement de vinaigre. Pour nettoyer l’estomac ou la table, on ne sait pas trop. En tout cas, le thé n’est pas une boisson très populaire dans le coin. « Dommage qu’on n’ait pas emporté des sachets de thé avec nous », déplore ma mère… avant de me voir sortir triomphalement de mon sac des sachets de wulong en mugissant « mouahahahaha ! ». Reste plus qu’à trouver de l’eau chaude, mais les distributeurs d’eau (froide, chaude et même parfois, tiède) ne sont pas ce qui manque en Chine, dans les lieux publics !


Entre deux bouchées, je lève la tête au plafond dans une tentative désespérée d’oublier à quel point le plat est pimenté (surtout pour ma mère, qui a la gorge en sang depuis Paris)… et bien m’en prend, puisque ledit plafond est superbe – et propre, comme le confirme le smiley vert placardé au mur.


Après le déjeuner, direction le musée de la ville. Je ne suis pas hyper enthousiaste, car je n’aime pas visiter des musées avec mes parents. Et ça se confirme sur place puisque leurs impressions se résument à : 1. C’est trop moderne pour être vrai, donc c’est du faux ; 2. Tout ce qui existe dans le monde vient de Chine et 3. Ah non, ne prends pas de photos de démons, ça porte malheur ! Gros, gros soupir, mais j’essaie d’être patiente et de ne pas me montrer classiste avec mes propres parents, ce serait le comble.

En plus, je fais mon Caliméro parce qu’on y reste quand même un certain temps et il faut dire que les pièces aident bien à comprendre le contexte de la naissance de la ville, étape sur la Route de la Soie, et du bouddhisme dans la région. Et le lendemain, je serai bien contente d’avoir toutes ces photos du musée, puisqu’à l’intérieur des sites, les photos sont strictement interdites. À moi donc, les fresques, tablettes et autres sculptures bouddhistes !


Dans la première salle, l’Histoire de la Chine est gravée à même le sol et les murs sont ornés de représentations des grands moments pour la région, à la frontière avec le « monde extérieur ». J’ai un peu le tournis en voyant les dates défiler et s’enrouler sur elles-mêmes sur le sol et des sueurs froides viennent envahir mon front, me rappelant l’époque où, assez folle pour m’inscrire en licence de chinois en parallèle à mes études d’anglais et d’allemand, j’ai dû me coltiner l’Histoire de la Chine pendant TROIS ans (contre un semestre pour l’Histoire des États-Unis). Par ailleurs, la représentation et la description des « barbares » xiongnu, sous un angle franchement propagandiste et caricatural, m’irritent un peu…


Bref, au gré de nos déambulations (le terme n’est pas exagéré : mes parents sont parfois incontrôlables), nous tombons sur des sculptures de lettrés et d’officiels dans des alcôves. J’aime beaucoup celle du calligraphe Zhang Zhi (張芝), qui a vécu au IIe siècle après J.-C., que je ne connaissais pas même de nom mais qui m’est sympathique rien que parce qu’il n’aimait pas la fonction officielle qu’il occupait…

Et il le montre !

Ceci n’est pas un four,
mais un tombeau (je crois)




Un qilin,
animal mythique chinois


Pièces de go de la dynastie Tang
(aucune indication quant à son support)
C’est l’histoire d’une fille de 30 ans
qui s’obstine à photographier des créatures (gardiennes de tombes)
pour énerver sa mère

Un avant-goût de ce qui nous attend le lendemain

Voilà qui nous rappelle
les temples cambodgiens

Traité de cosmogonie
et sutra
 

Après la mini-exposition de photos en noir et blanc qui documentent l’ère communiste, nous voici de nouveau à l’air libre, dans le petit mais joli jardin du musée. Tandis que ma mère nous mitraille avec sa perche à selfie, je tente d’immortaliser la nature environnante et notamment, ces arbres au joli feuillage jaune qui sont – je l’apprendrai plus tard – des populus (populi ?) euphratica ou huyang (胡杨树) en chinois, capables de survivre dans les conditions désertiques de l’Asie centrale.



Après une petite promenade dans le minuscule centre-ville, nous retournons à l’auberge, où nous sommes toujours les seuls résidents et où la patronne nous vante les mérites de la traduction automatique tandis que je lis sur sa page Booking.com qu’une touriste américaine enchantée estimait que « language is a bit problematic ». Les métiers de la traduction et de l’interprétation ont donc encore de l’avenir.

La nuit, les ennuis commencent avec mes parents ronflant en alternance, ma mère réussissant même à faire vibrer l’air (si si) avec son nez bouché et sa gorge en feu. Autant dire que je ne dors pas beaucoup et qu’après m’être amusée du fait que dans ce pays où les services Google sont théoriquement difficilement accessibles, ce sont mes applications Protonmail et Qwant, chantres de la protection de la vie privée, qui prennent le relais, je ne m’amuse plus beaucoup. Et je sens l’épuisement physique et moral me gagner. Heureusement, je réussis à grappiller une heure de sommeil lorsque mes parents se préparent et se lancent des piques assassines sur leur gestion et leur manipulation respectives du thermos. Discussion hautement épineuse dans laquelle je me garde bien d’intervenir.

Dans la matinée, mes yeux peinent à s’ouvrir entièrement, mais ce n’est pas grave, puisque la chevauchée en chameau (la chameauchée ?) dans les Monts des sables chantants (鸣沙山) se charge de me secouer jusqu’à éveil complet. Je comprends enfin pourquoi le site consacré aux voyages Le chameau bleu se nomme ainsi : après une petite heure à dos de chameau, les bleus aux fesses sont en effet inévitables…

Blague à part, je crois que je ne me tenais vraiment pas droite, ce qui ne m’empêche pas d’apprécier la beauté majestueuse du désert de Gobi et le silence qui s’impose dès qu’on met entre parenthèses le brouhaha touristique. Gros regret : ma mère et moi avons été séparées d’emblée de mon père, donc nous n’avons pas pu en profiter tous les trois et n’avons pas non plus de photo-souvenir de notre première sortie en chameau.


Après cet incident, nous avons tout le temps de contempler les arêtes des dunes de sable, les autres touristes qui font de la luge sur une planche de fortune…


… et la Source du croissant de lune (月牙泉), qu’il faudrait malheureusement photographier à l’aide d’un drone, car, avec mon propre APN, je n’ai pas franchement obtenu ce résultat.


En fin d’après-midi, nous rentrons nous reposer – c’est là que je me fais la réflexion que mes parents ne sont plus tout jeunes – et le soir venu, nous nous rendons dans une petite rue comptant une petite dizaine de bouis-bouis.



Et nous rentrons avec des brioches farcies au bœuf et aux légumes (mo, 饃), de la soupe aux poires et des raviolis pas immortalisés mais pas mauvais du tout. Ça nous change de toutes ces nouilles – chose que je n’aurais jamais cru dire un jour ! Face ma mère dont la toux et le rhume empirent, la patronne concocte même une infusion à base de sucre et de gingembre, une attention vraiment charmante.


Après le dîner, tandis que les paupières de mes parents s’alourdissent devant une interview du réalisateur Michel Ocelot sur l’une des nombreuses chaînes en langue étrangère de la CCTV (surréaliste), je prépare ruses et stratagèmes pour réussir à dormir, mais ne parviens qu’à creuser mon déficit de sommeil avec le premier épisode de la dernière saison d’Orange Is The New Black. Bilan : une heure trente de dodo. Soit, c’est mieux que zéro.

Le lendemain, nous nous attaquons à l’attraction principale de Dunhuang : les grottes de Mogao (莫高窟), un ensemble de 492 temples bouddhistes creusés à même la roche pendant DIX siècles, jusqu’à la dynastie Qing. C’est donc un formidable témoin des évolutions religieuses, artistiques, politiques, économiques et culturelles que nous avons face à nous…




En revanche, comme les photos sont interdites (et on comprend aisément pourquoi), je suis encore plus ravie de ma visite du musée, indispensable en fin de compte. À l’intérieur des grottes, on voit se succéder ou cohabiter plusieurs courants artistiques, plusieurs représentations différentes de Siddharta Gautama, de divinités hindouistes et d’apsaras. Je ne pensais pas être aussi émue dans un lieu si chargé d’Histoire, où les mécènes de chaque génération ont laissé leur trace à leur façon, parfois comme en collant un papier peint par-dessus un autre.

Il faut dire que la guide très érudite réussit très bien à nous faire faire le lien entre les peintures et les sculptures et la situation politico-économique de la Chine (ou des royaumes) de l’époque – tout en engueulant copieusement et dans un changement de voix et de ton impressionnant les quelques acharnés de la photo qui sévissent dans notre groupe. Car oui, en Chine, la surpopulation fait que tout s’organise en groupes, chacun ayant son ou sa guide attitré(e) et son itinéraire bien précis pour éviter que tout le monde se rentre dedans.

Cerise sur le gâteau : je n’ai pas trop perdu en compréhension orale puisque j’arrive à suivre les explications en chinois, aidée en plus par des vagues de souvenirs de mes cours sur les religions en Chine que je ne pensais pas avoir conservés dans ma petite cervelle. Tout à coup, je me remémore cette (géniale) professeure qui nous avait enjoint de visiter Dunhuang au moins une fois dans notre vie. Elle avait raison.

Après ce que j’estime être la meilleure visite de ce séjour, nous restons un certain temps à la boutique, où je fais preuve d’un self-control monumental en n’emportant pas cette théière rose trop mignonne (et sa voisine de derrière) à la caisse. À la place, j’achète quelques souvenirs, des cartes postales et un magnet (de démons, hinhin) en payant pour la première et dernière fois avec ma carte bancaire. Qui a continué sa grève à mon retour à Paris.



Pour le dîner, nous supplions notre guide-chauffeur (ou plutôt « chauffeur-guide », car aussi taciturne que son épouse est diserte) de nous amener « là où y a du riz ». Bingo avec ce ragoût qui ne paie pas de mine mais qui contient du riz. Et aussi du tofu, des « peaux de tofu », de la viande, du radis, environ 350 champignons et de la viande. C’est nourrissant mais bon. Pimenté, bien sûr, inutile de le dire.


Avant de s’endormir, mon père décide que nous n’irons pas dans la ville « voisine » de Zhangye (张掖), car la somme exigée pour parcourir les 1 200 km aller-retour est, selon lui, trop importante. Si je ne dis rien, car je ne paye rien, je décide déjà de mon côté que je reviendrai dans la région un jour pour la visiter encore mieux, d’autant que Zhangye est censée abriter des grottes bouddhistes encore plus impressionnantes et belles. Le Lonely Planet, lui, parle carrément de « rochers arc-en-ciel » ; comment ne pas avoir envie d’y aller… Mais bon, selon mes parents, on visitera le Grand Canyon, « c’est pareil » :D

L’avant-dernier jour, nous avons droit au Dunhuang Yardang National Geopark qui, comme son nom l’indique, abrite des yardang, des crêtes rocheuses que l’on trouve un peu partout dans le monde, tant qu’il y a du désert. C’est bien sûr impressionnant, mais d’une part, il faut accepter d’être trimballé en bus pour être jeté 5-10 minutes devant chaque yardang, mais en plus, il fait chaud (évidemment) et c’est blindé de monde. Même si ça ne se voit pas sur les photos. Il est aussi possible que les théories complotistes de mon père et les élans de patriotisme de ma mère commencent à me taper sur le ciboulot en même temps que le soleil et la fatigue accumulée, allez savoir :D


Bon, le yardang du paon est quand même très convaincant…


L’après-midi est dédié à la ville de Yangguan (阳关), ancien poste de garde aux confins de l’Empire et dernière étape avant le monde extérieur.


C’est assez étrange de se balader dans la ville reconstituée quasiment vide : c’est tellement pas l’image que j’ai de la Chine que ce calme a quelque chose d’effrayant…

 

Nous avons le temps de visiter les vestiges de la forteresse et encore une fois, c’est assez émouvant de se tenir aux portes du désert et d’imaginer ce qu’était la vie des gardes frontaliers et des commerçants… Sur le chemin du retour vers le centre-ville, nous faisons une halte sur le site du dernier bout de Muraille de Chine côté occidental, mais les bourrasques nt ne nous incitent pas à rester contempler plus longtemps ce fragment d’Histoire.



Le soir, nous nous adonnons à l’une de nos activités favorites : la visite de marchés ! En plus, ici, rien ne ressemble à ce qu’on connaît, donc la découverte est encore plus intéressante. Ci-dessous, des crêpes fourrées et des omelettes à emporter.


De mémoire, ce sont des brioches.


Sans oublier les fameux étals de fleurs et fruits séchés : boutons de rose, jujubes, raisins, abricots et baies de goji. Nous apprenons même qu’il existe du goji noir…



Le dernier jour, nous le consacrons au minuscule centre-ville de Dunhuang. En pleine matinée ou après-midi, celui-ci a carrément des allures de ville fantôme et pour cause, certains quartiers semblent avoir été abandonnés après avoir été inaugurés en grande pompe et cet endroit jadis si peuplé compte aujourd’hui moins de 200 000 habitants permanents (c’est-à-dire sans les travailleurs saisonniers).

Nous faisons pas mal de shopping et ma mère et moi nous lançons dans la quête des thermos les plus mignons et/ou pratiques. Et c’est d’ailleurs comme ça que nous sommes rentrées avec six thermos dans nos trois valises…



Nous nous promenons dans une partie de la ville que nous n’avons vue que de nuit, celle qui longe la belle rivière Danghe. Nous recroisons notre ami Zhang Zhi calligraphiant devant le Tourist Serivce (sic) Center.



Et je m’amuse toujours autant de la sobriété des noms chinois, ici, un simple immeuble résidentiel…


Comme tout le centre-ville, les abords du Danghe sont presque déserts ! Et pourtant, c’est aussi un quartier hyper-propre et sécurisé, qui comporte plein d’équipements sportifs qui ne suffisent pas à retenir les quelques jeunes qui y traînent, ainsi que des reproductions de l’intérieur des grottes de Mogao, assorties d’explications. Inspirée, ma mère veut voir dans une représentation de Bouddha devant laquelle nous passons le modèle du Penseur de Rodin, même si les grottes n’ont été « redécouvertes » qu’au début du XXe siècle…

 


À midi, à la suite de quiproquos, nous nous retrouvons dans un restaurant ouïghour qui sert non seulement du riz et des pickles comme mes parents aiment…


… mais aussi et surtout : du thé vert bilochun !!! Pas mauvais du tout, en plus…


Après une dernière soirée bien agréable et une nuit bien blanche, il est temps de dire au revoir au Dunhuang Huyang Inn qui nous a bien accueillis…




Nous voilà au début d’un périple de Dunhuang à Shanghai qui durera une bonne journée et se révèlera tout aussi épique !

À très bientôt pour la suite (et fin) de ce voyage !

2 commentaires:

  1. Je craque aussi pour la carte de la ville, et évidemment pour la photo des omelettes et des brioches. Et ce bas-relief avec les chevaux.
    (Et ton commentaire sur le semestre d'histoire des Etats-Unis m'a intriguée. Tu étais dans quelle fac ? Ma sœur et moi avons eu deux semestres de civili américaine (en 1ère et 2e années de DEUG).)

    J'attends les photos de Shanghai !

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    1. Haha, oui les brioches et omelettes sont excellentes, en matière de nourriture de rue.
      J’étais à Paris III (ce qui n’a pas changé avec le Master), mais il faut dire que je suis tombée dès la première année sur les grèves provoquées par le CPE voulu par De Villepin. Donc au final, la première année, on n’a eu que quelques mois de cours.

      Je suis justement en train de préparer le 2nd post de voyage, mais j’ai beaucoup moins à dire et en plus, les souvenirs s’estompent déjà (!).

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