La semaine 2017#43 en Chine

, , 3 comments
Shanghai


Suite et fin de mon petit séjour, avec Shanghai et Pékin !



Partie 2 : Shanghai

Toujours à cause du fait que je n’ai pas pu acheter de billets multivols, nous nous retrouvons à aller à Shanghai depuis Dunhuang en passant par Pékin, hum hum. Pour nous éviter de prendre un vol Pékin-Shanghai, nous avions décidé de prendre le TGV (高铁, gaotie) entre les deux métropoles.

Ce qui se traduit, le jour J, par une grosse erreur dès l’arrivée à l’aéroport de Pékin : la navette de l’aéroport jusqu’à la gare de Beijingnan, censément prendre 70 minutes pour parcourir 35 km, ce qui est déjà énorme, mais qui a roulé deux heures dans les faits. Deux heures de super embouteillages, à décaler mentalement l’heure du TGV à chaque fois que je consulte ma montre. Une fois enfin dans la gare, on est loin des 14 heures visées et plutôt sur le coup des 17 heures. Bien sûr, c’est la cohue pour acheter des billets de train (et rétrospectivement, heureusement que je ne les avais pas réservés avant : on aurait été bons pour les jeter) et bien sûr, impossible de passer par les bornes automatiques sans carte d’identité chinoise. D’ailleurs, c’est carrément le stress, car il n’y a plus de place à 17 heures et les quelques places qui restent à 18 sont en première classe, à près de 300 € l’aller. On finit par s’en sortir avec le TGV de 19 heures, non sans quelques courses dans la gare pour se filer nos passeports et les espèces et une bonne hausse de tension, notamment en expliquant à ma mère que oui, je suis sûre qu’il n’y a que deux classes en train et que oui, la classe Business n’existe que pour l’avion.

Heureusement, le temps de se poser, de manger un bout et de se reposer, on arrête d’être imbuvables les uns avec les autres. Ce qui n’empêche pas mon père de défaire et refaire notre itinéraire, regrettant ici et là la perte de précieux euros et ma mère de me demander l’heure, l’heure du train, puis de nouveau l’heure. Et nous trois, de mesurer le décalage culturel qui peut exister entre des Chinois et des Chinois de la diaspora…

Après plus de 5 heures de train (1 300 km entre la capitale politique et celle économique, mine de rien) et la confrontation avec un chauffeur de taxi pas franchement vif d’esprit, nous voici enfin dans notre hôtel un peu douteux, mais extrêmement bien situé. Les tensions s’accentuent entre mes parents, mais… j’ai ma propre chambre à partir de ce soiiiiiir <3

En laissant passer une bonne nuit de sommeil, tout va mieux, et je suis même la seule à me plaindre de l’état de la chambre : la couche de poussière un peu partout, passe encore, les poignées de porte toutes en vrac, soit, mais la couche de graisse sur la cuvette des toilettes, berk. Et que dire des cartes de visite de prostituées beaucoup trop jeunes que nous retrouvons le soir sur le palier de la porte… Enfin, c’est le prix à payer pour avoir une chambre à moins de 40 € la nuit, à deux pas du Bund ! Que voici…

C’est un plaisir pour moi de m’y balader sans être envahie par la foule, comme c’était le cas à l’été 2011, et pour mes parents, c’est presque un choc (bon, sont pas très démonstratifs, mais je le sais) : leur dernière et seule fois à Shanghai, c’était en 1994, il y a 23 ans. Sachant que le paysage chinois change à la vitesse de la lumière, autant dire qu’ils ne reconnaissent rien !



En plus, le temps en octobre est tellement plus agréable qu’en juillet. On flâne pas mal, n’ayant rien de spécial à visiter. Je constate qu’il existe à présent des cabines de toilettes équipées à l’extérieur d’un… chronomètre, dans le cas où nous viendrait l’envie indélicate de tambouriner à la porte des utilisateurs qui s’attarderaient un peu trop longtemps o_O

Trop mignon…
Le soir venu, on va dîner dans un restaurant paraît-il historique, recommandé par un vieux Shanghaien qui nous a abordés quelques heures plus tôt en nous racontant une partie de sa vie. Trop sympa ^^



Effectivement, les brioches sont pas mal du tout, la farce est bien parfumée et compense la pâte un peu trop épaisse à notre goût. En tout cas, on dîne au coude-à-coude avec des locaux et, sans aller dire que c’est agréable, c’est très convivial et surtout, inédit pour mes parents.

Cela dit, je ne suis pas sûre que cette photo
corresponde à ce resto, mais on va faire comme si.
Le soleil couché, on se balade de nouveau sur le Bund, histoire de contempler les gratte-ciels de nuit.




Le lendemain, nous poursuivons notre visite dans une autre partie de la ville, la Place du Peuple (人民广场, Renmin Guangchang), qui comporte plus de bâtiments officiels. Pêle-mêle, nous croisons le Musée de Shanghai, le centre d’urbanisme, l’opéra de Shanghai, la mairie…


Si le Musée de la ville n’est pas de l’architecture communiste, je ne sais pas ce que c’est…


Dans l’après-midi, on emprunte le ferry pour aller de l’autre côté du Huangpu, dans une ambiance à la Walking Dead



Et voici la fameuse Perle de l’Orient (东方明珠电视塔), qui est une tour de télévision. On aime ou on n’aime pas, elle reste indissociable et emblématique de Shanghai. Pour ma part, je n’ai pas trop d’avis, quoi que sur le plan esthétique, je lui préfère le « décapsuleur ». Au passage, je crois reconnaître le mari hipster d’une blogueuse populaire dont je ne me rappelle plus le nom, mais non, c’est juste le modèle générique du hipster que je croise (non pas que ça aurait changé ma vie, cela dit).


Le dernier jour, on part du côté de Jing’an et de la concession française, plus à l’est. Ce sont des quartiers franchement riches, calmes et tranquilles. Le temple Jing’an s’est refait une beauté depuis ma dernière visite (photo) et c’est dans le restaurant végétarien à son rez-de-chaussée, Jen Dow, qu’on prend l’un de nos meilleurs repas. Soupe pour mon père, cacahuètes bien croquantes pour ma mère et champignons pour moi : on est aux anges.



Comme j’ai rendez-vous dans le coin avec une amie d’enfance, on traîne un peu partout : dans les centres commerciaux, dans les quelques marchés et boutiques, avant de retourner nous asseoir au Jen Dow, dont le personnel est aimable et nous fiche une paix royale.


Bien sûr, au moment de rejoindre ce que je crois être le restaurant où nous avons rendez-vous, je me rends compte que je n’avais pas la bonne adresse (ne jamais faire confiance à un guide vieux de sept ans), qu’on doit prendre un taxi en urgence pour aller dans le bon quartier et surtout, qu’on est restés toute la journée au même endroit alors qu’on aurait pu bouger plus ! Étonnant, mais vrai : je ne me fais pas disputer par mon père, peut-être n’a-t-il pas compris la situation ^^’’

Cela ne nous empêche pas de passer une super soirée en bonne compagnie et autour de bonnes fondues bios. Je me retrouve au passage à découper des champignons de leur bûche, héhé.




Partie 3 : Pékin

Ah, quand je disais que ce séjour était beaucoup trop court : le lendemain, nous voilà déjà à prendre le TGV dans le sens inverse pour rallier notre dernière destination, Pékin. Nous avions décidé de moins nous y attarder, car mes parents y étaient juste l’année dernière. Dans les conditions qu’on devine, à savoir dans un hôtel du cinquième périphérique, à plus de 10 km du centre-ville. Or, maintenant, on le sait : pour parcourir 10 km à Pékin, il faut presque une heure – j’exagère à peine. D’ailleurs, la circulation à Pékin le jour tombé, prise dans la chape de la pollution, ça vaut toutes les dystopies…

Heureusement, on arrive entiers dans notre hôtel, situé dans un hutong, un ensemble de rues et ruelles typiques de Pékin. En raison de la bonne fréquentation, le personnel n’a pas pu nous garder deux chambres au même étage, mais ô miracle, mes parents n’en ont cure à cette heure avancée de la soirée ^^ Quant aux chambres, elles sont petites, mais confortables et mignonnes, le point faible restant bien sûr les salles d’eau, où, en l’absence de cabine, le fait de prendre une petite douche suffit à inonder tout le sol et les toilettes. Et encore, j’essaie de ne pas trop regarder le faux plafond un peu fragile par lequel passe le pommeau de douche : inutile de se poser trop de questions quand on ne reste que deux nuits. La nuit, prise d’une crise d’insomnie, je me mets à établir un itinéraire pour le lendemain, me rendant compte au passage que l’échelle de la carte du Lonely Planet est en miles (ou alors, en kilomètres, mais le mot « miles » est resté) – bravo le veau.






Le lendemain, on visite notre quartier, pas bien loin de Tian’anmen.





Le Starbucks de Qianmen, pas moche

Je tombe sur une formidable imagerie communiste dans un petit musée consacré à un vin chinois dont j’ai oublié le nom.



Le soir venu, on dîne dans un resto à deux pas de notre hôtel et c’est super bon…


Cassolette d’agneau

Des aubergines frites, à se damner

Rouleaux de taro sucré

Et le lendemain, on remet ça au petit-déjeuner, avec les brioches de Goubuli/Go Believe (狗不理), une spécialité de la ville « voisine » de Tianjin. On a beau avoir goûté à tout, on n’est pas très convaincus. Sans parler du fait que c’est horriblement cher (pas loin de 20 € pour le tout, de mémoire).



Mais histoire de jouer les touristes jusqu’au bout, on se rend pour le déjeuner au célèbre restaurant de canard laqué, Quanjude (全聚德) dans le très touristique quartier de Wangfujing (王府井), où j’avais excellemment bien déjeuné en 2011 avec monsieur et une copine hélas perdue de vue depuis. Cette fois, la déception est au rendez-vous : déjà, la cuisine ferme à 13h-14 h, donc on a dû commander très vite, ensuite, à part un serveur, tout le personnel est d’une amabilité à rendre un serveur parisien mort de jalousie, et enfin, la peau de canard est loin d’être transcendante. On s’attendait à de fines tranches de peau, on se retrouve hélas avec de gros bouts de peau et de chair, à tremper dans une sauce hoisin et à enrouler dans une fine crêpe avec du concombre et de l’ail. Et pour couronner le tout, je me faisais une joie d’inviter mes parents, mais ma carte bancaire refuse de fonctionner. Mais au moins, pas de regrets pour mes parents, qui ont enfin pu combler un manque (oui, un manque).


L’après-midi, nous parcourons une bonne partie de Wangfujing et ses magasins occidentaux, où je parviens quand même à dénicher des broches artisanales trop mignonnes dans une boutique où ma carte bancaire refuse toujours de passer.

 

Et après avoir vu quantité de peluches d’hippopotames malheureusement trop grosses pour être ramenées en France, je tombe sur mon premier rhinocéros.

 

Le soir, nous sommes de retour dans notre hutong, où nous découvrons une chouette galerie aux étals plus originaux et faisons un dîner assez typique à base de tripes et de foie sauté que j’oublie de prendre en photo. Il faut dire que c’est tellement la foire d’empoigne qu’après avoir obtenu ce qu’on veut, on mange au pas de charge.





Sculpture sur caramel

Sculpture de figurines à partir d’une photo

Cinéma sur eau

Pour notre tout dernier jour, nous allons nous aventurer du côté de la Nanluoguxiang (南鑼鼓巷), l’un des plus vieux hutong de la ville où nous avions séjourné avec monsieur, il y a six ans.


Cette « ruelle » de près d’un kilomètre – échelle pékinoise oblige – est toujours aussi sympa, même si je déplore la multiplication des chaînes et la prolifération des Starbucks : deux en 800 mètres. Hélas, le chouette hôtel typique que nous avions tant aimé a laissé place à une auberge absolument sans charme et dont le seul mérite semble être l’emplacement géographique.


J’emmène mes parents visiter l’une des résidences de l’écrivain Mao Dun, reconvertie en musée, pour qu’ils voient une vraie maison en cour carrée (siheyuan, 四合院).



Et on termine par l’une des résidences de Tchang Kaï-chek, qui ne se visite malheureusement pas et est en plein travaux de modernisation.



Et finalement, alors qu’on prévoyait de prendre le taxi pour l’aéroport aux alentours de 21 heures, on tombe sur un chauffeur qui s’est engagé dans notre ruelle sans pouvoir en sortir donc, autant pour le dépanner que pour ne pas nous retrouver à essayer de héler un taxi plus tard (une gageure, parfois), on décide de partir à même pas 20 heures pour éviter les embouteillages.

Évidemment, il n’y en a pas tellement – certes, c’est relatif –, et on se retrouve à attendre plus de 4 heures notre vol prévu pour 2 heures du matin dans un aéroport où toutes les boutiques sont déjà fermées (alors que les restos et épiceries près de notre hôtel sont ouverts 24h/24…) et où il règne un froid de canard. Mes parents parviennent à roupiller pendant que je surveille nos affaires et passe un bon moment avec Sense8, essayant lamentablement de cacher ma tablette avec mes mains lorsque des enfants passent à côté de moi pile pendant les scènes d’orgie. Après une attente interminable où je repère même un ado trompant son ennui en prenant l’escalator dans un sens, puis dans l’autre, on peut enfin monter dans l’appareil.

Passons sur l’avion bondé, les sièges riquiquis, le groupe de lycéens survoltés en visite à Pékin et le froid de canard qui ne nous lâche plus… et arrivons à Paris tôt le matin, où un ex-collègue de mon père a la gentillesse de nous ramener chez mes parents. Bien sûr, leur ascenseur est en panne, donc on fait un peu de sport avec les valises, mais après un petit-déjeuner très attendu (dans la cantine familiale), mes parents me déposent à la maison.

Et à moi les chats, les valises à défaire, les trois lessives, le tri des photos et surtout, la contemplation de tous les souvenirs achetés !





Pour conclure, je dirais que j’ai fait un excellent voyage. Malgré les inévitables moments de tension entre ou avec mes parents, ils se sont bien comportés (:D) et surtout, je pense sincèrement qu’ils ont apprécié de visiter des villes à leur rythme, surtout qu’ils ne sont plus aussi en forme qu’avant. De mon côté, je ne pensais pas autant aimer Dunhuang et ses environs et y retournerais volontiers, un peu plus en mode sac à dos. Et surtout, pour la première fois de ma vie, j’ai enfin eu ma propre chambre ! Pas pendant toute la durée du séjour, mais c’est déjà un énorme pas. Vivement la prochaine fois !

3 commentaires:

  1. Amusantes à lire, tes pérégrinations :)

    Pas mal de petits soucis d'affichage de photos, obligé de faire un clic droit sur le cadre et de demander d'afficher l'image. Pas au point l'hébergement chez Google...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Si ça t’amuse, l’objectif est atteint =)

      Pour le « souci d’affichage », c’est moi qui ai désactivé le clic sur les photos, ce qui rend l’affichage moins facile. Non pas pour protéger mes pauvres photos mais parce que sinon, j’ai des soucis avec les liens, qui passent dans mon texte et mettent un bordel pas possible.

      Supprimer
  2. J'ai passé un beau moment à lire tes aventures. Et j'ai ri aussi de tes mésaventures, j'espère que c'était le but d'en faire quelque chose de drôle :) Quant aux photos, elles m'ont donné envie! Surtout de manger grrrrrr :)

    RépondreSupprimer