Expressions

, , 10 comments
Source

Dernièrement, Jackie Brown a parlé des anglicismes qui ont envahi notre langue frrrrrançaise. Il ne m’en a pas fallu beaucoup plus pour me mettre à compiler les expressions qui m’énervent le plus et qui ont, semble-t-il, vu le jour assez récemment.
Attention, je tape sur tout et n’importe quoi, anglicismes ou non.

On ne va pas se mentir, on ne va pas se le cacher, il faut se l’avouer
C’est vraiment mon punching-ball préféré, celui-là. D’où vient ce pronom qu’on met à toutes les sauces, maintenant ? Mentir, cacher et avouer sont des verbes qui supportent très bien les compléments, quel intérêt d’utiliser à tout bout de champ la forme pronominale ? Surtout dans le contexte dans lequel ils sont prononcés, à savoir en public, à la télé. Ne pourrait-on pas dire « on ne va pas vous mentir » ou « il faut bien l’avouer » ? Qui est ce « se », l’auditeur serait-il inclus dans la petite famille ??

Je veux dire ma fierté…
Il me semble que l’emploi de cette expression a monté en flèche depuis un certain président français pas franchement connu pour ses phrases ciselées. Je me demande si c’est un bête calque du I want to say anglais et me demande encore plus ce qu’il est advenu de « je souhaite exprimer ».

C’est bien trop/extrêmement/particulièrement/terriblement joli…
Si j’évite « bien trop » comme la peste, notamment parce que je le trouve terriblement peu naturel, je confesse une certaine tendance aux adverbes extrêmes, surtout dans mes traductions marketing. De nos jours, tout est extrême. Mais qu’est-ce qu’on utilise pour désigner ce qui l’est réellement ?

Fantasme
Le fantasme, c’est le produit de l’imagination, et pour moi, un produit plutôt positif. Dans mon adolescence, je voyais souvent ce mot accolé à « sexuel ». Aujourd’hui, un fantasme désigne plutôt les idées d’un camp qu’un autre camp (curieusement, trop souvent réactionnaire) dénonce comme fausses. D’où la confusion.

Les dernières X heures et les adjectifs antéposés
J’ai toujours dit « les X dernières heures », même quand X = 24, et je me rappelle même qu’à la fac, on nous avait dit que ça ne se faisait en revanche pas en anglais, langue qui exige the last X hours. Dans la même veine, les adjectifs antéposés se sont bien généralisés. Bien sûr, dans certains cas, ça ne choque pas (la jeune femme), mais quand on finit par avoir tout le qualificatif avant le nom, dans toutes les circonstances, ça me pose problème : la très pétillante jeune femme, WTF ?! Preuve que la langue évolue, c’est que ce genre de construction m’agace déjà moins qu’il y a quelques années.

Avec toi ?
Là, c’est plus le domaine de la blogosphère. Ce type de conclusion pour dire simplement « et toi (toi !), tu en dis quoi/tu participes ? » me met hors de moi, surtout quand je ne connais pas le blogueur ou la blogueuse : quoi « avec toi » ? Je vais venir chez toi, on va prendre le thé et garder les moutons ensemble, c’est ça ?! Non, pas « avec toi » !



Et vous,
des phrases que vous ne supportez plus  ?

10 commentaires:

  1. Pour ma part, j'ai un gros problème avec les verbes "simplistes", émanant du jargon d'entreprise. J'ai une haine toute particulière pour "solutionner" (alors qu'il existe "résoudre", ce mot magnifique) et "finaliser" (parce que "finir" c'est sans doute pas assez parlant...).
    Récemment arrivé dans mon bestiaire et mis à toutes les sauces : "incrémenter" (Dieu que c'est moche !). Probablement parce que "incorporer" fait trop cuisine ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah oui oui, carrément !
      Mais tout ça vient de l’anglais, selon moi, comme si le sens français ne couvrait pas toute l’étendue du mot anglais. Dans les textes informatiques (ou pas), j’ai très souvent « implémenter » (au lieu de « mettre en œuvre/application »), aussi.

      Supprimer
  2. Parmi les expressions qui m'agacent ici, il y a We're pregnant. On l'entend moins maintenant, mais à un moment, c'était "toute la rage".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh mais c’est tellement entré dans la langue que j’ai mis un moment à comprendre (ou alors je suis mal réveillée).
      Ça rabaisse en quelque sorte ce que traverse une femme enceinte, je trouve.

      Supprimer
    2. Tout à fait d'accord. Je crois que certains confondent être parent et être enceinte (merci la langue française). Un article sur le sujet : https://www.todaysparent.com/pregnancy/should-you-use-the-phrase-were-pregnant/

      Supprimer
    3. Le type qui se prononce « pour » est exaspérant. Il veut des cookies, lui…

      Supprimer
  3. Moi, c'est "perdre la vie". À la fac, les profs nous répétaient que c'était un calque de l'anglais et qu'on disait "trouver la mort" en français. Depuis, je tique à chaque fois. (En anglais, c'est "moving forward". "We're pregnant" is a close second.)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, jamais entendu/vu « perdre la vie » (berk). Perdre quelqu’un, oui, mais pas la vie.

      Supprimer
    2. Tu me rassures. Sur TV5 (France 2), on n'entend que ça. Au point que je pensais que "trouver la mort" ne se disait plus.

      Supprimer
    3. Calque de l’anglais + tendance à occulter les termes choquants + amalgame avec « perdre connaissance » ?
      Au secours !

      Supprimer