Julia Gray est une artiste anglaise que j’ai découverte en première partie du concert de Vienna Teng au Bush Hall de Londres.
Coup de cœur immédiat, pour l’artiste très drôle, pour sa voix sublime bien sûr, pour ses paroles truffées de références littéraires (ce qui a fait dire à Vienna Teng qu’elle s’est rappelée qu’elle était ingénieure à la base).

La grosse déception par contre, c’est d’apprendre qu’elle ne vend pas son album sur support CD. Groumpf.
Et scrogneugneu, alors que je me suis enfin résolue à me le procurer en version numérique, je vois qu’il faut passer par iTunes. Qui me demande bien sûr tout un tas de questions auxquelles je n’ai plus réponse, sûrement pour me punir de ne pas avoir rentré et sauvegardé à vie mes coordonnées bancaires.

Pff, je suis dégoûtée, mais je ne tiens pas spécialement à favoriser ce contrôle de mes achats, de mes informations, de mon mode de stockage (non, j’en veux pas, de ton cloud), j’en passe et des meilleures.

Et en attendant, je me prive d’un album sublime.

Les traducteurs sont des chatons | Slate.fr (Bérangère Viennot) : le médecin de Bérangère Viennot, traductrice, lui a demandé si elle « faisait encore des traductions » et le câble a pété, le rail a déraillé. Dans cet article désopilant, la condition – ou la non-condition – des traducteurs est très justement décrite. Il y a certes beaucoup de blagues du milieu mais pour un non initié, il peut aussi être très instructif et attirer l’attention sur l’importance de cette profession (j’insiste : l’importance de la profession, non des traducteurs eux-mêmes). N’en déplaise à certains lecteurs fous furieux qui commentent pour dénigrer. Conclusion : un traducteur traduit, il ne « fait » pas des traductions.

Racist sign at LAX | Twitter.com (Christine Lu) : Christine Lu a pris en photographie un panneau publicitaire qu’elle considère raciste et en a demandé l’enlèvement… Ce qui a déclenché une série de réponses, tantôt approbatrices, tantôt blasées. Un regard intéressant sur la définition du racisme et de la xénophobie et sur les clichés actuels dont les femmes asiatiques font l’objet. Pour ma part, je n’ai toujours pas trop d’avis sur cette publicité, si ce n’est qu’elle est risible.

Mes 15 magazines chouchous | Vert Cerise : un tour d’horizon de magazines internationaux consacrés au DIY et à l’art de vivre, par l’une des blogueuses les plus douées en la matière. Avis à ceux qui manquent d’inspiration…

Chineasy, la méthode qui vous promet d’apprendre facilement le chinois | Slate.fr (Camille Jourdan) :  encore une énième méthode miracle pour apprendre une langue réputée difficile ? On dirait bien, puisque la méthode Chineasy se base sur la corrélation visuelle entre un idéogramme et le concept qu’il décrit. Mais ce qui est facile pour 10 caractères ne l’est peut-être pas pour 1 000, et la méthode ludique ne dit pas comment elle compte faire apprendre la grammaire de façon « easy ». Intrigant, malgré tout.

Celebrating ‘What Did You Eat Yesterday’ | Otaku Champloo (Khursten Santos) : Fumi Yoshinaga est connue en France pour ses mangas All My Darling Daughters (Sakka) et Le Pavillon des Hommes (Kana). Aux États-Unis, les amateurs ont aussi droit à What Did You Eat Yesterday?, qui semble mêler habilement le quotidien d’un couple gay et la cuisine. Sur le site Otaku Champloo, Khursten Santos se met au défi de réaliser les plats présentés dans le manga, rien de moins ! Et c’est passionnant de lire ses aventures, son yaourt aux céréales et à la banane, son riz aux pois et aux champignons… Et vous, vous avez mangé quoi hier ?
[Pour une série d’articles tous plus passionnants les uns que les autres sur Fumi Yoshinaga en édition étrangère : Errances & Phylactères, bien sûr !]

Burger aux haricots rouges | blog non identifié : mes mésaventures avec un certain steak aux champignons (rappelez-vous) ne m’ont pas découragée de tenter des alternatives « amusantes » à la viande, la vraie, à laquelle j’ai dit au revoir. Dans ce billet, Titite nous explique comment elle a confectionné des burgers aux steaks de haricots rouges, et on pourrait presque croire que c’est facile, mais ce serait oublier ses talents culinaires. En tout cas, visuellement, le résultat est bluffant !
Poilâne, ce n’est pas une marque que je connais depuis longtemps. En effet, je voyais le nom se balader de temps en temps, mais je n’y prêtais pas plus d’attention que ça… mais tout ça, c’était jusqu’à ce que la Thé Box de novembre 2012 arrive avec ses 6 cuillères-biscuits Poilâne à tremper dans le thé. Et autant tremper son croissant dans son café est une abomination pour moi, autant des biscuits sucrés-salés au beurre dans du thé me paraissent tout naturel.

Du coup, après cette expérience gustative divine, le nom est évidemment resté ancré dans ma tête. Et lorsque la Thé Box a annoncé une collaboration avec Poilâne, j’ai sauté à pieds joints dedans… avant de repartir à reculons en voyant le prix : 40 €. La box est de qualité, je le confirme aujourd’hui et n’avais que peu de doute à ce sujet à l’époque, mais même si je suis capable de sortir d’une boutique armée de l’équivalent de cette somme en thés, j’avais des scrupules à sauter le pas pour une box alors que je pouvais très bien aller acheter directement les thés qui m’intéressent.

J’ai donc relégué cette histoire dans un coin de mon cerveau (rempli à 30 % de traduction, à 30 % de livres et à 30 % de bouffe et de thé) (les 10 % restants sont composés de vide et d’autres trucs moins avouables) jusqu’à ce qu’arrive un truc magique : la wishlist de Noël ! Je me suis pas fait prier pour demander à ma belle-famille une box et là, j’ai découvert qu’il y avait une offre intéressante : la Duo Thé Box, qui propose pour 60 € (frais de port inclus) la Poilâne et la Saint-Pétersbourg. Certes, pour cette dernière, j’avais déjà craqué pour Tourbillon et Saint-Pétersbourg de chez Dammann, en vrac, mais à l’époque, j’avais des soucis de bouilloire qui faisait que j’avais du mal à bien préparer mon thé et que c’était moins risqué de faire infuser des sachets que des feuilles et que… bref, j’avais le prétexte idéal ! Je remercie donc chaleureusement ma famille pour ce beau cadeau.

Les magazines : voilà un sujet que j’ai commencé à aborder dans mon post hebdomadaire « La semaine », mais plus je déroulais les détails et moins il avait sa place dans un post censé être récapitulatif, et plus j’essayais d’être concise, moins j’étais claire. Au final, j’ai décidé d’en faire un post à part, même s’il n’a rien de passionnant. Par contre, si l’un des titres dont je parle intéresse quelqu’un, je serais ravie de donner plus d’informations et/ou mon ressenti :)
Je me suis abonnée et réabonnée à divers magazines, après grosso modo 3 mois de réflexion.

Ça n’aura échappé à quasiment aucun Parisien : un nouveau musée, baptisé Art Ludique, a ouvert ses portes dans le 13ème arrondissement de la capitale. Son objectif ? Concilier les arts que sont les jeux vidéo, les manga, les films d’animation, et surtout, leur rendre leurs lettres de noblesse. Belle mission que voilà, menée dans un environnement privilégié en plus : les Docks entièrement réhabilités. C’est beau, ça fait un peu Pompidou.
Et pour sa première exposition, Art Ludique frappe fort, en proposant une rétrospective à l’occasion des 25 ans du studio d’animation Pixar, qui a donné naissance à Toy Story, Monstres & Cie ou encore, Les Indestructibles (je cite mes préférés si je veux). Comment résister ? Et pourtant, le temps a passé, et l’exposition se clôturera bientôt — le 2 mars, pour être précise. Après avoir remué nos popotins respectifs, mon compagnon et moi nous sommes donc plongés dans l’univers des souris cuisinières, des automobiles parlantes et des maisons qui volent, le temps d’un dimanche aux Docks.

On continue avec la sélection – totalement subjective – des articles intéressants de la semaine…


Hop, inaugurons une nouvelle rubrique : la revue de presse.

Souvent, je mets en favori des articles que je trouve intéressants, mais n’ai pas forcément le réflexe d’aller en consulter la liste, alors je les oublie un peu ou n’arrive plus à remettre la main dessus au moment crucial d’une conversation. D’où l’idée d’une sélection de liens, qui serait dans l’idéal hebdomadaire.

Pour cette première revue, je dois avouer que je propose quelques liens qui sentent un peu le renfermé car ça fait 3 semaines que j’ai cette idée sans avoir trouvé le temps de la mettre en pratique, mais bâh, je n’ai jamais été à la pointe de l’actualité et certaines infos restent tristement fraîches.

J’aimerais vous parler de romans et de BD, d’autant plus que j’ai lu de petites perles ces temps-ci, mais il me manque du temps et de l’énergie… Un jour, mes petites notes manuscrites deviendront de vrais posts virtuels :)
En attendant, c’est reparti pour une tournée de thés ! Je vais commencer par la Thé Box du mois de mai, consacrée au Japon.

Plutôt casse-gueule, ce sujet, non ? En tout cas, même s’il était clair qu’une box de thés japonais était inévitable, je n’étais pas du tout sûre d’y succomber. Non pas que je m’y connaisse des masses, mais je me demandais ce qu’une telle box pourrait bien contenir. Et puis, comme pour beaucoup de choses matérielles, j’ai lu un avis positif sur un blog que j’apprécie – en l’occurrence, Le Rose et le Noir, et j’ai craqué.
Pour quoi ? Pour ça (boîte incomplète car photo prise sur le tard) :   


© Envouthé

En avril, Envouthé a continué sur sa belle lancée en proposant comme thème les souvenirs d’enfance avec au programme des parfums de bonbons et des saveurs régressives (quoi que ça veuille dire). Je ne suis pas spécialement nostalgique des saveurs d’antan – sauf les Têtes Brûlées, ces friandises qui piquent la langue – ni n’ai de trip « colle violette et craies », mais j’aime beaucoup l’aspect général de la box et les boissons choisies.


J’ai voulu renouer avec la littérature française contemporaine avec Delphine de Vigan, dont on dit tant de bien. Bah c’est raté.

L’histoire m’a passablement frustrée : Mathilde et Thibaut peuvent se rencontrer n’importe quand, oui mais ci, oui mais ça. Oui mais pourquoi avoir créé cet entremêlement dans ce cas ? Je ne fais pas partie de ceux qui veulent absolument de l’action mais Les heures souterraines ont réellement été trop ennuyantes pour moi. On souffre vaguement (très vaguement) avec les personnages, on veut qu’il leur arrive quelque chose, genre se prendre en main, pas qu’ils s’enfoncent dans leur misère et crèvent la gueule ouverte. Du moins, quand on a un peu de compassion.


Des Fleurs pour Algernon, écrit par Daniel Keyes dans les années 1960, est un roman de science-fiction épistolaire. Accessoirement, c’est également un monument de la SF et un livre censuré et/ou interdit en raison des thèmes abordés.

Et pour cause, dans ce roman – initialement une nouvelle – il n’y a pas de science-fiction au sens strict du terme mais rien qu’un homme âgé de 32 ans, Charlie Gordon, au QI de 68, qui accepte de subir des opérations chirurgicales afin de devenir quelqu’un d’intelligent. Les interventions se révèlent être un succès et le QI de Charlie atteint 185, mais cette soudaine poussée d’intelligence s’accompagne de revers ; Charlie comprend à quel point il avait été la cible de brimades, violences, plaisanteries et moqueries, il découvre son passé peu plaisant (pour rester dans les euphémismes), il a du mal à nouer des relations humaines. Bref, l’ajustement semble tout autant hors de sa portée avec un QI supérieur à la normale qu’inférieur. Et ironiquement, alors que Charlie prend conscience que sa vie était plus facile lorsqu’il était toujours béat et souriant, son intelligence supérieure lui permet de comprendre les failles des opérations médicales : son intelligence n’est que momentanée et lui échappe peu à peu.


Recueil de nouvelles mêlant la SF et le Q (comme l’indique l’efficace sous-titre), 69 est un objet plutôt intéressant, à lire par petits morceaux pour apprécier les différences de styles et de mondes.
J’ai beaucoup apprécié la préface, qui décrit la genèse de ce projet et donne un aperçu alléchant des 12 nouvelles offertes au lecteur. Ce n’est pas le cas de toutes les anthologies, où des histoires nous sont balancées pêle-mêle des histoires sans socle commun.