Ce livre, c’est Miss Sunalee qui en a parlé, et rien qu’avec le titre et le résumé, je savais que j’aimerais ce récit de voyage culinaire et culturel.
Un grand merci à elle !


J’ai honte mais...
… je n’ai pas du tout aimé ce film porté aux nues par la critique mais vraiment, je n’ai trouvé rien de bien original ou de touchant.
Le rêve est prétexte à un petit film d’animation sur la mémoire, la conscience, et bien sûr les atrocités de la guerre. Hélas, bien qu’on puisse louer que ce dernier thème soit traité sans pathos ni exagération – juste ce qu’il faut d’humanité et de bon sens, les autres thèmes plus psychologiques peinent à convaincre.


Ou comment se tourner les pouces pendant 3 heures à se demander qu’écrire sur cette chanteuse chinoise, que j’apprécie énormément.

Inutile de s’attarder sur les détails de sa vie bien remplie, je suppose. Ça n’intéressera personne – si jamais le reste intéressera d’autres personnes que des fans aussi « objectifs » que moi. Ceci : [...] remplacera donc la longue biographie, de ses influences musicales (Cocteau Twins, The Cranberries, Teresa Teng) à sa vie sentimentale (heuuu… joker, j’en sais que dalle) que l’on peut trouver sur Wikipédia en anglais.
   
Ceci dit, il est quand même à préciser qu’elle a une petite carrière cinématographique derrière elle : Chungking Express, en amoureuse brute de décoffrage, Chinese Odyssey 2002 (comédie « de nouvel an » à Hong Kong) en princesse brute de décoffrage, 2046, en robot brut de décoffrage, ou encore Leaving Me Loving You, en…. vous l’aurez compris, son côté franc et je-ne-mâche-pas-mes-mots fait partie de sa personnalité, du moins celle médiatisée.

Parce qu’un délire n’arrive pas seul, je rebondis sur mon précédent, où je racontais qu’en chinois, il fallait nier le groupe verbal entier en réponse à une question, en décrivant une petite anecdote linguistique transmise par ma mère lorsque j’étais petite. Attention, ça ne va pas forcément voler plus haut qu’un « Le saviez-vous ? Dans certains pays, on fait “oui” de la tête pour dire “non” et vice-versa » mais l’histoire m’avait fascinée donc je la retranscris.
Dans cette histoire, on a deux personnes : A, une Française et B, une Chinoise, qui conversent en français.



Chaque année, je suis toujours trop gâtée pour mon anniversaire. Cette année, encore plus, puisque Kerydwen de Luminophore m’a offert King Kong Théorie de Virginie Despentes. Il me semble que nous avons parlé de cet essai suite à son visionnage du film Les Jolies Choses, du même auteur. Et ce livre tombe à point nommé car je suis déjà envahie de romans bien longs mais je voulais quand même savoir ce qui faisait de Despentes une figure si médiatisée.



Source
Cette histoire date un peu et n’est sans doute pas passionnante car personnelle, mais il a tout de même un lien avec la littérature.
L’avatar tout jaune que j’ai choisi d’utiliser pour ce blog ne vient pas de n’importe où. Virtuellement coquette, j’ai toujours choisi mes avatars avec un grand soin. Ce qui ne veut pas dire que je m’identifie ou ressemble à un jeune homme, cheveux au vent et marcel moulant noir, mais que je voue un culte à la grande Akimi Yoshida. Cette mangaka est connue en France pour deux œuvres : Banana Fish et Kamakura Diary.

Dans ce court billet, je ne parlerai que peu de l’amour que je porte à Banana Fish – c’est d’ailleurs un grand défi pour moi, de réussir un jour à chroniquer l’un de mes manga préférés – mais plutôt de son influence sur ma curiosité littéraire.

Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis culturellement plutôt pauvre et limitée, même si de nature curieuse. Chez mes parents, en français, il ne devait pas y avoir beaucoup plus que des manuels d’apprentissage de la langue. Quand BF est paru, en 2003, j’avais 16 ans, j’ai dû essuyer le regard condescendant de deux camarades de classe qui parlaient du 1984 d’Orwell et à qui je demandais de quoi il s’agissait, je lisais ce qu’on nous demandait de lire (mais PAS La Princesse de Clèves, je tiens à le préciser), je découvrais de temps en temps des trésors inconnus mais il me manquait le plus important : les classiques.

Ces classiques, c’est Akimi Yoshida qui me les a apportés (grâce aussi à la chronique de Morgan). En effet, dès les premières pages, il est question de grands auteurs américains. Le titre, Banana Fish, rend un joli hommage à la nouvelle Un jour parfait pour le poisson-banane, de J.D. Salinger, disponible en France dans le recueil Nouvelles, chez Pocket. Plus loin dans l’histoire, on apprend que l’un des romans préférés de Blanca est Îles à la dérive, d’Ernest Hemingway.
Un monde nouveau s’ouvrait à moi, et surtout, je me rendais compte – un peu tard, certes – que les genres littéraires ne sont pas cloisonnés. Qu’un manga n’est pas obligé de se dérouler au Japon. Que les auteurs eux-mêmes peuvent avoir leurs propres influences littéraires, artistiques, musicales. C’est bête, j’en suis consciente, mais à 16 ans, on peut avoir une vision un peu manichéenne du monde et aimer catégoriser les choses.

Bref, revenons-en à nos poissons. J’aimais tellement BF que je me suis décidée à acheter les Nouvelles de Salinger, que je ne savais même pas être l’auteur du fameux Attrape-Cœurs, que certains osent qualifier d’obsolète ;) J’ai tenté de toutes mes forces de chercher le lien entre le manga et la nouvelle, et à part une certaine forme de désespérance et de critique de la guerre du Vietnam, en tirant bien sûr les cheveux, je ne voyais pas grand-chose. Bien sûr, il y a cette fameuse histoire de mort subite, mais le manga prend ensuite un tournant bien plus orienté action tout en se concentrant sur le passé d’Ash et la relation qui le lie à Eiji. J’ai donc vu la mention au poisson-banane-tueur comme un hommage, un clin d’œil à ce qui fait l’essence même de l’Amérique. Et j’ai plutôt bien aimé. Et comme à l’époque, je n’aimais pas le format des nouvelles, même si celles de Salinger sont troublantes et réellement parfaites dans leur façon d’installer une scène en quelques phrases, quelques suggestions, je me suis bien sûr dirigée vers ses romans. Je ne me souviens plus dans quel ordre je les ai lus. L’Attrape-Cœurs ne me disait trop rien, j’étais une ado pas très raccord avec les autres ados, je n’avais donc pas spécialement envie de lire une histoire sur un ado avec ses préoccupations d’ado. À la bibliothèque, j’ai dû emprunter l’une des œuvres les moins connues de l’auteur-ermite, Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers. Avec délice, j’ai retrouvé le personnage de Seymour que l’on voit dans Un jour parfait pour le poisson-banane, et j’ai découvert sa famille de surdoués. Le monde étrange de cette famille décalée qu’a imaginée Salinger ne m’a alors plus jamais quittée. J’ai fait connaissance avec d’autres mentalités très éloignées de la mienne et avec une littérature inhabituelle pour moi. J’ai poursuivi avec Franny & Zooey, qui croque les deux derniers de cette famille de surdoués, toujours dans cette ambiance un peu suspendue, mâtinée de réflexions bouddhiques, de remarques décalées et d’une profondeur incroyable. Aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi, quand je pense à ces romans, j’imagine un campus américain, hors du temps, sous une canicule. Enfin, quand je me suis sentie prête, L’Attrape-Cœurs s’est naturellement imposé à moi.

J’ai adoré comme on adore le best-seller de Salinger, celui qui a parlé à toute une génération, pas comme j’affectionne l’univers des Glass. Mais c’est avec ce roman que j’ai renoué avec Banana Fish, puisque je ne pouvais m’empêcher de comparer Holden Caulfield et Ash Lynx alors qu’ils n’ont pas grand-chose à voir. Les interrogations de Holden m’ont parlé alors que j’étais plus âgée que lui, je voyais enfin un ado intelligent et pas un ado paumé drogué alcoolisé qui m’aurait ennuyée.
 Accessoirement, j’étais aussi très contente d’avoir lu tous les romans de Salinger. Ces dernières années, j’ai acquis The Catcher in the Rye et Franny and Zooey, que j’ai relu pas mal de fois.

Pour Hemingway, le schéma a été un peu différent, puisque je connaissais quand même le bonhomme. Et contrairement à Salinger l’homme, à qui je ne porte pas un intérêt démesuré car telle n’était pas sa volonté (je n’ai pas lu la biographie écrite par sa fille, notamment parce qu’elle sentait le potin bon marché sans aucun intérêt littéraire), je me suis penchée sur Hemingway l’Homme, au fil du temps. Je le cite souvent comme mon auteur préféré ou du moins un de mes préférés, alors que je ne supporte le machisme chez aucun autre. Le génie littéraire de Hemingway me frappe, c’est bien le mot, à chaque lecture. Même dans Îles à la dérive, œuvre posthume que l’on considère comme tout à fait inoubliable. Ce qui me semble à la fois vrai et faux. Comme je fais les choses dans le désordre, lorsque j’ai lu pour la première fois cette œuvre « mineure », je n’avais lu que Le Vieil Homme et la Mer et des bribes de Pour qui sonne le glas. Alors du coup, j’ai retrouvé d’un coup tous les thèmes chers à Hemingway : la solitude, le temps qui passe, la guerre… À présent que j’ai lu plus d’œuvres, je peux dire qu’effectivement, Îles à la dérive n’est pas LE chef-d’œuvre, mais c’est une œuvre mature et surtout, de synthèse. Tout y est à sa place, rien ne dépasse, rien n’est en trop, rien ne manque. De ce livre émanent une tranquillité et une assurance incroyables. Il me repose, me berce, même s’il me plonge parfois dans la tristesse et la peur de finir esseulée. Dans BF, Blanca, le mentor d’Ash, cite cette œuvre justement pour lui faire comprendre que les hommes meurent seuls et esseulés. Bien sûr, il n’avait pas forcément d’un livre pour faire passer le message, mais bon, c’est toujours sympa de conférer un petit côté intello à lunettes à ses personnages. Finalement, je trouve que ce petit bijou correspond bien à BF, tout en force tranquille et tragédie quotidienne. Depuis, j’ai fait des études d’anglais, et suis en mesure de l’apprécier encore plus, en VO, où les mots sont simples, poignants et directs. Du bon Hemingway sans fioritures, en somme.

Bien sûr, je ne me suis pas cantonnée à ces deux auteurs, mais on parle quand même de deux colosses de la littérature américaine. Tout ça grâce à un manga. Par la suite, je me suis intéressée à d’autres auteurs, soit en faisant des recherches, soit parce que je connaissais les influences littéraires de l’un ou de l’autre, soit parce que les livres étaient rangés côte à côte dans la librairie/bibliothèque. Et c’est ainsi que j’ai pu colmater peu à peu les brèches de ma culture très imparfaite avec Fitzgerald, McCullers, Dos Passos…

La route est encore très longue… grâce à Akimi Yoshida.
Ne cherchez pas la note #1, elle n’existe pas encore. Voilà qui inaugure bien cette série de billets consacrés à ma passion et mon métier, non ? Non, ok, je sais. Mais il y a une logique derrière tout ça : dans le billet #1 qui n’est qu’à l’état d’ébauche dans mon cerveau, j’aimerais commencer par le commencement et faire une (longue, je le sais déjà) intro/panorama de mon métier et quotidien.

Avec ce numéro 2, je voudrais entrer de plain-pied dans le domaine, en essayant d’être à peu près explicite. Et justement, mon but est de toujours rester compréhensible, à défaut de susciter les passions. En effet, ce dont j’aimerais parler aujourd’hui, c’est du monde franchement particulier des traducteurs. Oh, bien sûr, chaque secteur produit ses monstres peu fréquentables, je ne voudrais surtout pas mettre les traducteurs dans une caste à part. Mais bon, un traducteur normal hurle de rire quand il lit ce Tumblr magnifique, avouons qu’il y a moins sibyllin.