Strawberry Shortcakes est une adaptation filmique du manga éponyme de Kiriko Nananan (disponible en France aux éditions Sakka), qui se compose de petites tranches dans les vies de 4 femmes à Tokyo. Le manga est surtout une incursion dans leurs vies sentimentales, psychologiques, amicales et professionnelles. Sans avoir trop aimé cette œuvre, je dois reconnaître que le ton y était très juste et naturel : Nananan ne se forçait pas à inventer des retournements ou des coïncidences pour divertir ses lecteurs, elle n’était pas non plus voyeuse quand elle nous faisait part de scènes dérangeantes et son univers graphique était toujours aussi agréable à l’œil. Bien sûr, c’est quelque chose qui se perd avec une adaptation avec des acteurs en chair et en os.


100 ans après l’avoir vu, je n’arrive toujours pas à noter Two Lovers. Sûrement parce qu’il est beaucoup trop loin de ce à quoi je m’attendais et que je suis sortie du ciné un boulet à la gorge. C’est un film lent, qui se laisse contempler, mais qui montre aussi en filigrane toute la schizophrénie et la tragédie du héros.

Bien sûr, on peut s’emmerder si on se demande sans cesse, « bon sang, tu choisis la brune ou la blonde ? » (je ne cache pas que ça a été mon cas) mais quand on se laisse prendre par l’ambiance, la musique, les couleurs, on se retrouve dans un véritable drame moderne. Pas simplement celui de ne pas être aimé, de ne pas aimer, de ne pas savoir choisir, mais celui de l’inertie, du blocage psychologique et de la contradiction. Inutile de préciser que le film est sombre, les quelques moments de folie ou de joie sont distillés avec parcimonie et constamment, il est cette impression que le héros va imploser, faire une connerie.

Mais finalement, ce n’est jamais le cas. Le film est nimbé de tristesse et peut-être qu’un revirement de situation, une grosse crise de nerfs l’auraient rendu moins étouffant mais ça, James Gray ne nous l’accorde jamais. À la place, on accompagne le héros et on broie du noir avec lui. Dans le carcan des traditions familiales, dans la prison qu’est son appartement, dans les ténèbres des souvenirs. Si je n’ai pas su que penser de Two Lovers au sortir du cinéma, j’ai trouvé que le film est admirable en au moins un point : la stabilité.

Tous les personnages se promènent sur un fil de funambule sans jamais verser dans l’excès mais avec tout le poids des sentiments sur eux. C’était insupportable à voir mais c’est à revoir.
Gros coup de cœur pour ce film d’animation uniquement en noir et blanc ultra réaliste. Le scénario est léger – une scientifique a trouvé le secret de l’immortalité et a été enlevée – mais qu’importe, on peut voir ce film pour son Paris fantastique et futuriste, de bons éléments SF incorporés dans l’architecture, quelques gadgets, des mouvements fluides, des expressions faciales parfaites. Bref, très bon dans l’ambiance, on est rapidement immergé et les minutes passent très vite. Des minutes moins intéressantes sur le passé du héros dont on (je ?) se fout complètement auraient peut-être pu être mieux investies. Avis tout personnel, évidemment.