Le pitch : 2003, Noël. Hei (Tony Leung) et Bong (Takeshi Kaneshirô), policiers, mènent une intervention musclée afin d’arrêter un violeur sadique récidiviste dans son appartement, alors que ce dernier s’apprêtait à découper en filets une jeune fille. Bong trouve cette jeune fille attachée et lacérée et en garde un profond souvenir. En rentrant chez lui, le spectacle est encore pire : il découvre sa petite amie allongée sur le lit, morte après s’être coupé les veines. Quel pouvait être son mobile ?
Tout n’était pas rose mais il n’y avait pas de quoi en arriver là.


Je suis très heureuse de déterrer une chronique de ce film que j’avais adoré, au moment où on voit partout des affiches pour L’écume des jours. Film qui ne me tente pas du tout, cast absolument original, roman que j’avais détesté…


Election est une saga en 2 épisodes dont le thème est la mafia hong-kongaise et les triades et réalisée par Johnnie To.


Film d’animation de Michel Ocelot (Kirikou) sorti en 2006, Azur & Asmar m’avait tout de suite interpellée avec sa sublime affiche et son message de tolérance. Néanmoins, ce n’est que récemment que j’ai eu l’occasion de le voir mais l’attente en valait la peine : Azur & Asmar est un très beau film aux bases solides à voir et à revoir.

Bien que l’histoire n’ait rien d’extraordinaire, elle parvient correctement à happer le spectateur et met d’emblée la question de la différence et de la tolérance au centre du film. En effet, il s’agit tout simplement de montrer 2 jeunes garçons opposés dans leur couleur de peau, leur religion, leur situation familiale, sociale et surtout financière dans une Europe médiévale.


Strawberry Shortcakes est une adaptation filmique du manga éponyme de Kiriko Nananan (disponible en France aux éditions Sakka), qui se compose de petites tranches dans les vies de 4 femmes à Tokyo. Le manga est surtout une incursion dans leurs vies sentimentales, psychologiques, amicales et professionnelles. Sans avoir trop aimé cette œuvre, je dois reconnaître que le ton y était très juste et naturel : Nananan ne se forçait pas à inventer des retournements ou des coïncidences pour divertir ses lecteurs, elle n’était pas non plus voyeuse quand elle nous faisait part de scènes dérangeantes et son univers graphique était toujours aussi agréable à l’œil. Bien sûr, c’est quelque chose qui se perd avec une adaptation avec des acteurs en chair et en os.


100 ans après l’avoir vu, je n’arrive toujours pas à noter Two Lovers. Sûrement parce qu’il est beaucoup trop loin de ce à quoi je m’attendais et que je suis sortie du ciné un boulet à la gorge. C’est un film lent, qui se laisse contempler, mais qui montre aussi en filigrane toute la schizophrénie et la tragédie du héros.

Bien sûr, on peut s’emmerder si on se demande sans cesse, « bon sang, tu choisis la brune ou la blonde ? » (je ne cache pas que ça a été mon cas) mais quand on se laisse prendre par l’ambiance, la musique, les couleurs, on se retrouve dans un véritable drame moderne. Pas simplement celui de ne pas être aimé, de ne pas aimer, de ne pas savoir choisir, mais celui de l’inertie, du blocage psychologique et de la contradiction. Inutile de préciser que le film est sombre, les quelques moments de folie ou de joie sont distillés avec parcimonie et constamment, il est cette impression que le héros va imploser, faire une connerie.

Mais finalement, ce n’est jamais le cas. Le film est nimbé de tristesse et peut-être qu’un revirement de situation, une grosse crise de nerfs l’auraient rendu moins étouffant mais ça, James Gray ne nous l’accorde jamais. À la place, on accompagne le héros et on broie du noir avec lui. Dans le carcan des traditions familiales, dans la prison qu’est son appartement, dans les ténèbres des souvenirs. Si je n’ai pas su que penser de Two Lovers au sortir du cinéma, j’ai trouvé que le film est admirable en au moins un point : la stabilité.

Tous les personnages se promènent sur un fil de funambule sans jamais verser dans l’excès mais avec tout le poids des sentiments sur eux. C’était insupportable à voir mais c’est à revoir.
Gros coup de cœur pour ce film d’animation uniquement en noir et blanc ultra réaliste. Le scénario est léger – une scientifique a trouvé le secret de l’immortalité et a été enlevée – mais qu’importe, on peut voir ce film pour son Paris fantastique et futuriste, de bons éléments SF incorporés dans l’architecture, quelques gadgets, des mouvements fluides, des expressions faciales parfaites. Bref, très bon dans l’ambiance, on est rapidement immergé et les minutes passent très vite. Des minutes moins intéressantes sur le passé du héros dont on (je ?) se fout complètement auraient peut-être pu être mieux investies. Avis tout personnel, évidemment.
Une histoire d’ados et de vélos... Et surtout des histoires parallèles. Parallèle entre Guei, un jeune homme de 17 ans venu de la campagne à la capitale chinoise gagner quelques sous, et Jian, un citadin relativement pauvre. Parallèle entre la petite amie de Jian et la jeune femme que Guei mate comme un voyeur. Parallèle entre les deux jeunes héros qui se font régulièrement passer à tabac. Et entre ces parallélismes, un vélo.


Malgré peut-être les apparences, il ne s’agit pas d’un drama coréen. Vous pouvez donc ranger vos caisses de mouchoirs.
Untold Scandal est en réalité une retransposition historique des Liaisons Dangereuses de De Laclos, une fresque libertine dans le milieu de la noblesse durant le 18ème siècle français. Ainsi, Untold Scandal reprend la même trame que le fameux roman épistolaire sus-cité tout en situant l’intrigue au 18ème siècle coréen.




Ah mais c’est Vicky Cristina Barcelona, bis repetita !
Maintenant, je le sais : Hollywood me l’a dit, quand je me sentirai mal, je tirerai au sort une destination de voyage.
De préférence, un coin exotique avec de « vraies gens » qui ont compris le « sens profond de la vie ».
Je me délecterai de plats exquis à base de pâtes, parmesan et basilic.
Je plongerai dans une méditation brève mais subtile.
Je tomberai amoureuse de n’importe qui et n’importe qui tombera amoureux de moi.


Blood Like Lemonade est le nouvel album de Morcheeba. Sorti début juin, il marque le retour de Skye Edwards après quelques tâtonnements avec l’Australienne Daisy Martey et l’Anglaise Judie Tzuke.

Globalement, cet album marque un bon retour au trip-hop avec un son calme et une atmosphère envoûtante.
On apprécie toujours la voix d’Edwards (plus charismatique que celles précédemment citées) mais personnellement, j’ai été déçue.


Pour résumer, il s’agit d’une histoire d’amour et d’espionnage lors de l’occupation japonaise de la Chine. Relation construite sur du désir et de la domination entre un homme collaborant avec les Japonais et la femme qui veut l’assassiner. J’ai pu lire çà et là que c’était « simplement » l’histoire d’une femme qui tombe amoureuse de l’homme qu’elle veut tuer et bim, ça retombe sur elle. Si ce n’était que ça, je serais pas restée scotchée sur mon siège car l’intrigue est complexe, le jeu d’acteurs stupéfiant de justesse et le film est fin, plein de sous-entendus et beau, visuellement. Wow !
Blue Gate Crossing est une sorte de conte nostalgique sur les années de lycée. Un conte doux-amer, moins « mignon » qu’Eternal Summer. Moins de scénario en substance également puisque l’on se contente de nous montrer un triangle amoureux, qui n’évolue que très peu.

Yue Zhen est amoureuse de Shi-Hao qui séduit Ke-Rou qui, elle, aime son amie Yue Zhen. Enfin, dire que Yue Zhen est juste amoureuse serait faux, elle a plutôt développé une obsession, elle récupère toutes les affaires de Shi-Hao : stylo, baskets, bouteilles d’eau et remplit même des pages entières avec son nom dans un cahier, comme une punition. Manière très enfantine et mignonne de montrer son amour sans oser l’avouer. Ke-Rou, de son côté, est un garçon manqué (bah oui, elle assume le rôle de lesbienne quoi) (ironie bien sûr) impassible et imprévisible. Plutôt maladroite avec ses sentiments, elle sort avec Shi-Hao pour en réalité savoir si elle est capable d’aimer les garçons. Et enfin, Shi-Hao, personnage plutôt attachant, naïf et têtu, qui a craqué pour les manières un peu brutes de Ke-Rou. Bien sûr, dit comme ça, ça doit faire film pour ados avec des prises de tête à rallonge et tout le bric-à-brac qui va avec les histoires de triangles amoureux. Heureusement que non, BGC ne raconte pas les amours sous cet angle et préfère se focaliser sur les répétitions, les personnages répètent toujours les mêmes phrases, portent toujours les mêmes habits (l’uniforme scolaire bien sûr), la caméra filme les mêmes décors, encore et encore.

Ainsi, on a droit à une histoire réaliste qui se déroule lentement et évite soigneusement les drames, sentiments extrêmes et romances sans intérêt. L’adolescence est très bien capturée, les personnages sont renfermés, impulsifs, peu bavards au final bien qu’ils s’interrogent beaucoup, se trompent et dans une fin très optimiste, renaissent pour mieux vivre leur vie. Au final, on a droit à une petite séquence de la vie de ces adolescents, on les voit avec plaisir trouver un sens à leur vie à travers une petite histoire de cœur. Ils n’ont pas changé, leurs problèmes restent présents, mais ils se sentent prêts à les affronter.

BGC est un film minimaliste, d’apparence simple mais le tout repose sur ses acteurs et sur les quelques dialogues qu’ils s’échangent. Les acteurs ne surjouent jamais et c’est appréciable. Ceci dit, pour apprécier BGC, il faut quand même « supporter » ou savoir savourer les longs moments de pause, les répétitions, les non-dits. Bref, c’est un film d’ambiance, esthétique et peu loquace.
Peu avant la sortie du blockbuster The Dark Knight, un DVD composé de 6 courts-métrages animés autour du croisé de Gotham est sorti.
Présentant la caractéristique d’être animés par des studios japonais comme Madhouse, Bee Train ou Studio 4°C et scénarisés par de grands noms américains tels que Brian Azarello ou David Goyer, ces courts durent une dizaine de minutes et se proposent de révéler un aspect de la personnalité ou du passé de Bruce Wayne.


Mongol est une grosse production russe/kazakhe/allemande sur le légendaire Gengis Khan.
Sans m’attarder sur tous les aspects de ce film, je dirais que c’est graphiquement qu’il impressionne le plus. Le film a parmi ses atouts de formidables paysages des steppes d’Asie Centrale, que ce soit en été ou en hiver. Montagnes enneigées, vent violent soufflant dans les arbres, désert aride, fleuves serpentant dans les forêts, tout est vraiment beau et filmé avec brio. Pour autant, Mongol ne se repose pas que sur sa belle photo, comme un certain Filles du Botaniste, le premier film beau mais creux qui me vient à l’esprit. Les couleurs sont également somptueuses mais on ne fait pas que regarder un documentaire car les paysages savent se mettre en arrière-plan au profit de la narration ou des scènes d’action qui égrènent le film.


Après un No Country for Old Men qui m’avait endormie, je réitère l’expérience frères Coen. J’ai bien fait.
Ladykillers, remake du film de 1955 réalisé par Alexander MacKendrick, est complètement différent de No Country



The Milkwoman est un petit bijou. Il s’intéresse à une livreuse de lait qu’un homme marié aime depuis toujours. Mais ce n’est que lorsque l’épouse de ce dernier, mourante, lui demande de renouer avec son ancien amour, que les choses vont commencer à changer. Le film se déroule dans une campagne japonaise, on y voit des maisons superbes à côté de combini (supérettes ouvertes presque tout le temps), un travailleur social quinquagénaire, beaucoup de tendresse, un magnifique jeu d’acteurs (amateurs !). On y entend une musique très agréable, pas du tout en harmonie avec le film en fait, surprenante et insouciante. On ressort de la salle avec un gros sourire béat.