Mais quelle mouche m’a piquée quand je suis allée voir ce film ?! Pourtant, la tagline du film, « Behind every tattoo, there’s a secret », aurait dû me mettre la puce à l’oreille : ce n’est clairement pas le genre de film que je sais apprécier…


The Sandman est un comics dirigé par Neil Gaiman, auteur britannique de livres fantastiques et de fantasy, et co-dessiné par une poignée d’artistes américains internationalement reconnus. Je vous fais grâce de la liste qui n’aurait aucun sens, je ne les connais vraiment pas.

Alors que je m’attendais à un film assez difficile à comprendre, il se révèle relativement grand public.

En effet, le postulat de base est simple : des oreillettes permettant de pénétrer dans les rêves ont été créées. Puis elles ont été volées. Il y a alors danger parce que le voleur pourrait s’en servir pour pirater l’inconscient de chacun. On découvre ensuite qu’il peut même pirater le conscient, à n’importe quel moment, que son propriétaire soit éveillé ou endormi. Course-poursuite dans les deux mondes pour mettre fin à ce terrorisme des esprits.



… que Dexter, c’était l’histoire d’un meurtrier qui tue avec le sourire (et un bébé). Un mec sans âme et trop classe car sans âme. Un jeu des chats et de la souris. Des histoires vaseuses. Des épisodes indépendants. Des crimes improbables. Des affaires vite résolues.
Je croyais que Dexter faisait partie de cette brochette de séries se reposant sur leur personnage principal, type Dr House.

Je m’étais trompée.

Les personnages secondaires et tertiaires sont hyper attachants (Masuka !) et Dexter aussi, par la même occasion.

Fi des critiques qui veulent qu’une série soit morale et donner l’exemple… Dexter (le mec) est excellent car il n’est pas immoral (ni même amoral), il a une conscience de l’éthique et des valeurs. Ça ne le rend pas humain et ça ne donne pas de légitimité à ses actes, ça le rend intéressant. Ni torturé comme un bishônen de manga, ni sanguinaire et brute épaisse.

Il n’y a pas (trop) de raccourcis. Pas trop de facilité. On a une police de Miami bien équipée mais pas des Super Justiciers. La notion de temps et de distance est bien gérée. Les enquêtes n’avancent pas à une vitesse hallucinante. Et surtout, le système prend en compte ses Hommes et les montre faillibles, héroïques, désespérés.

Et en plus, on rigole et il n’y a pas de scène gore et trash pour rien !
Point noir : à la fin de la saison 1. Le twist – quel twist, mais d’accord, appelons ça comme ça – est éculé et emmerdant au possible.

Je croyais que Dexter (la série) serait conventionnelle, j’ai eu tort.
La saison 8 de Buffy en comics vient de s’achever… L’occasion de faire un petit bilan.


Où on nous présente une famille étendue et ses membres, tous au fort caractère, et bien entendu, leurs incessants conflits. Entre le grand-père héroïnomane, le père à fond dans sa future carrière de coach personnel, l’oncle spécialiste de Proust et qui revient d’une tentative de suicide, le frère qui a fait acte de silence et constamment plongé dans les œuvres de Nietzsche et la mère qui essaie de concilier ces joyeux drilles, seul le concours de beauté pour petites filles auquel la plus jeune, Olive, est sélectionnée, réussit à les réunir, non sans mal. Tragi-comédie fort bien interprétée et relativement émouvante, avec des passages pertinents et d’autres hilarants. La dernière demi-heure, qui ridiculise complètement les concours de beauté où les fillettes sont d’immondes poupées Barbie vulgaires vaut son pesant de cacahuètes !
Un roman plus ancré dans la période de l’adolescence : Ronan n’a en tout cas pas oublié ce qu’il ressentait quand il avait 16-17 ans. Une sorte de « roman d’apprentissage », le narrateur découvre la vie à travers son meilleur ami, qui semble plus malin et plus au courant de ce qui se passe à l’extérieur de la campagne irlandaise dans laquelle ils grandissent. Ce meilleur ami est une fenêtre sur le monde, et s’oppose à la vie rurale.

D’apparence confiante et quelque peu présomptueuse, il n’aura cesse de fasciner le narrateur qui est plus discret et qui se retire volontiers pour laisser place à la personnalité de son ami. Peu à peu, le narrateur dévoile pourtant que leur relation, basée sur l’alchimie et la compréhension mutuelle, tacite, devient de plus en plus une dépendance pour lui d’abord, pour son ami vers la fin.

La fin de son adolescence est marquée par le suicide qu’il essaie de commettre peu après la mort de son père et du fait de l’absence de son ami parti en ville et s’il s’en sort, c’est, dit-il, grâce à l’intervention indirecte de celui-ci. Il parle alors de folie et de vouloir la cacher pour ne pas alerter son entourage, mais définitivement, grâce à cet acte, il s’est débarrassé de l’image du père qui le pesait, il s’est ouvert à la sexualité, en apprend davantage sur la religion, bref, il quitte son monde adolescent qui était dominé par son ami. De force, car leur relation était auparavant non entachée et assez exclusive, c’est l’envahissement du monde extérieur (découverte de la ville, influence de l’Angleterre – le rock, le punk, sa mode et ses tendances – l’avenir politique) dans leur campagne qui fait naître les pommes de discorde.

Un ange est passé est le premier roman de Ronan que j’ai lu, il possède à mon avis beaucoup de charme, certains passages sont vraiment poignants, entre autres parce qu’ils décrivent la réalité, des sentiments que tout un chacun a déjà éprouvés : la solitude qui exacerbe les émotions, la mélancolie omniprésente mais également les « problèmes » de l’adolescence (les filles, les études, etc.)

Le roman est bien foutu, pas un mot en trop, et l’humour, léger et recherché.
« La porte elle-même avait disparu depuis l’hiver rigoureux de 1976 où un étudiant en céramique, ayant épuisé sa provision de bûches, avait décidé que ce détail architectural n’était pas indispensable à l’intégrité structurale de la construction.
La rampe d’escalier avait subi le même sort, mais elle avait été ultérieurement remplacée par un étudiant en sculpture dont la thèse avait pour objet l’influence phallique des colonnes corinthiennes sur l’architecture irlandaise du XVIIIe siècle.
La porte s’était révélée irremplaçable, en partie parce qu’il avait été impossible de dénicher à Limerick un charpentier dans un état d’ébriété aussi avancé que celui de son constructeur initial [...] »
D’accord, c’est différent, Summer Wars, c’est l’été (si si), les lycéens, les pastèques, les OZ. C’est donc censé être moins lourd que le Paprika de Satoshi Kon. Mais dommage car à force de faire dans le léger, le film devient incohérent. Quelques sous-intrigues m’ont ennuyée : l’oncle qui revient et ne sert à rien les 3/4 du temps, le copain du héros qu’on ne voit que sur le téléphone, les parties de cartes auxquelles je n’ai strictement rien compris. À part cela, j’ai jeté mon dévolu sur l’ambiance estivale et le gros coup de pied qu’a mis le film dans l’innocence, la naïveté… et le gnagnantisme décrié par pas mal de gens.


.. ou « Bwhaahhaha !!! » Scénario qui ne tient pas la route, passages qui tombent à plat (la mort d’un chien, la conversation avec des mannequins), c’est mielleux, c’est plat, ça remet rien en question. Beaucoup d’étalage, certes agréable à l’œil mais lassant pour le cerveau à force. Et cette fin !! Je rêve où elle est porteuse d’une morale gnan-gnan… Bref, pas grand-chose à sauver, mis à part la jolie voiture rouge flamboyant en début de films et la tronche des zombies.
Trop fort, les mêmes thématiques que dans Nos Années Sauvages, avec des acteurs moins convaincants ! Malgré cette petite boutade, le film est tout de même intéressant. Le postulat de base, un tueur fatigué de son absence de vie sociale (Leon Lai) essaie de la refaire de façon à peu près normale, au désespoir de sa partenaire (Michelle Reis) amoureuse de lui. Les interactions entre les personnages sont plus nombreuses et le film a un côté frais, se moquant totalement de ce qu’on pourrait attendre d’un scénario comme celui-ci. Il y a quelques fusillades mais ça ne fait bien sûr pas des Anges Déchus un film d’action, WKW faisant fi des conventions. Quelques scènes crues avec Reis, mais je pense que c’est le film le plus romantique de WKW, avec une femme qui attend ardemment l’homme qu’elle aime. En fait, ce avec quoi j’ai plus de mal ici, ce sont les actrices Charlie Young et Karen Mok, toutes deux dans des rôles assez énervants. On refait le film sans ces deux folles, et c’est bon…
Sans doute le projet le plus ambitieux de Wong Kar-Waï, qui cherche à faire la synthèse de tous ses films et à être plus explicite à travers le personnage joué par Takuya Kimura, qui raconte toutes ses pensées. En tout cas, 2046 est moins compliqué qu’il en a l’air, c’est un enchevêtrement de relations dans lesquelles chacun cherche à oublier quelque chose pour avoir moins mal. Je l’avais beaucoup aimé au premier visionnage (quel casting de fou) mais après avoir vu encore d’autres WKW, la joie est un peu retombée. Malgré tout, c’est une superbe œuvre visuelle mais bon, l’impression qu’il manque quelque chose vu tout ce que l’histoire avec le train 2046 pouvait apporter.
Pas très différent des autres films de Wong Kar-Waï, même s’il est centré sur deux gays. En effet, Happy Together s’est débarrassé de toute la problématique autour de l’homosexualité (homophobie, coming-out). Il se concentre sur les deux personnages, et est construit comme un cycle : la relation se refait et se déconstruit sans cesse. WKW introduit avec ce film la nécessité d’une rupture et de partir vivre dans un autre pays, au début en Argentine pour se ressourcer et reprendre une relation saine, et à la fin retour à Hong Kong (en passant par Taïwan) comme pour enterrer cette relation. Joli film sans concessions et réaliste sans qu’il y ait même d’insertion continue dans le monde gay.
Film de science-fiction/fantasy qui choisit de présenter de manière éclatée 3 épopées dans la (longue) vie d’un homme qui tente de sauver son épouse de la mort. Quand on reconstitue chronologiquement cette vie, l’histoire est assez simple. On découvre cet homme Roi dans l’Espagne du 16ème siècle, cancérologue au présent et spationaute-méditateur dans le futur. J’ai été un poil déçue que l’histoire soit autant centrée sur cette histoire d’amour et de mort, mais aussi agréablement surprise par son impact et l’émotion qui s’en dégage. On retrouve les mêmes schémas à chaque époque, cette femme destinée à mourir, son mari qui échoue, quels que soient ses moyens, dans sa tentative de sauvetage. Le film est extrêmement beau, le doré domine, les scènes de rêve, de légende, de souvenirs m’ont laissé une bonne impression. Mais je n’ai pas compris l’utilité de cette structure éclatée et l’actrice Rachel Weisz est insupportable, avec ses mimiques inappropriées…
Il s’agit du genre de production qu’on aurait aimé aimer, qui présente de bons éléments et qui a un petit quelque chose de très appréciable dans l’ambiance mais qui finalement ne parvient pas totalement à son but et se situe toujours entre deux eaux.


Ça faisait longtemps que je n’avais pas cassé du film…
The Joy Luck Club est ennuyant et décevant. Voilà, c’est fait.

Bon, plus sérieusement…

Ce film est basé sur le roman du même nom d’Amy Tan, dont je n’ai lu que The Opposite of Fate, son autobiographie. Et vu comme ce bouquin m’avait enchantée et remuée, ça me fait mal de me dire que ce film est associé à Amy Tan.
À l’époque, il a été considéré comme un chef-d’œuvre a été très bien reçu par la critique et le public.


Chungking Express est l’histoire de deux histoires sentimentales mises bout à bout dont WKW extrait les points communs. L’originalité réside dans le fait qu’il n’y a pas de confusion entre les personnages, les héros de la première histoire vivent dans la même ville que ceux de la seconde, mais ne les connaissent pas. C’est au spectateur de faire le lien entre leurs histoires. De ce fait, puisque ce n’est pas aussi « bordélique » que dans un Ashes of Time, Chungking Express est peut-être le film le plus accessible (et celui qui a fait le plus de bénéfices, il me semble).

Il y a une jolie analogie qu’on peut comprendre, le policier n° 663 (Tony Leung), qui tombe amoureux sans s’en rendre compte, tout comme Faye (Faye Wong) qui pénètre dans sa maison pour y faire le ménage sans qu’il ne s’en rende compte, ou sans qu’il veuille s’en rendre compte.

Cette intrusion de Faye dans sa vie car il vient de se faire larguer par sa petite amie est un étrange écho à l’intrusion du policier n° 223 (Takeshi Kaneshiro) dans la vie d’une trafiquante de drogues (Brigitte Lin). Tout le film est bâti sur un subtil jeu de reflets et de situations similaires.

Il y a également des scènes magnifiques. Celle de l’ouverture, avec une musique nerveuse et la dealeuse qui court, impression fugitive comme la vision qu’a WKW de l’amour ou même de la vie.
Celles où le policier n° 663 parle aux objets auxquels il a doté d’une personnalité. (« T’as maigri, toi, il ne faut pas se laisser abattre, elle reviendra vers toi quand elle aura compris son erreur, il faut lui en laisser le temps »… à un bout de savon)…
Quand l’affiche d’un film ressemble à l’affiche d’un autre film, on s’attend à ce que les deux films soient du même niveau. Or, si Les Chèvres du Pentagone semble être une suite de Burn after Reading, il est loin d’être aussi hilarant que l’œuvre controversée des Frères Coen.

Pourtant, dans la famille Grandn’importequoi, Les Chèvres… s’impose. Au hasard, quelques éléments parachutés de nulle part : des pouvoirs psychiques, une traque à l’homme, des conversations raisonnées avec des terroristes. Mais presque rien pour les lier. On a quelques dialogues frisant le débile bon enfant mais ils se comptent sur les doigts d’une main lépreuse, on a quelques scènes intenses mais on ne sait pas pourquoi elles sont là, on a des quelques moments de tension mais soit ils se désamorcent seuls soit ils retombent comme un soufflé.

Le film souffre, à mon avis, d’un problème de rythme (ce qui est pardonnable, voir I Love You Philip Morris !), mais aussi d’un problème plus difficilement soignable : celui du « mais au fait, qu’est-ce qu’on veut faire ? ». Avec Les Chèvres, on ne sait pas sur quel pied danser. Avec un tel cast, il y avait de quoi faire : George Clooney et Ewan McGregor sont terribles lorsqu’ils se lancent dans des théories saugrenues (mais probables !) avec le plus grand sérieux. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.

On ajoute à cette étrange mixture des répétitions telles que l’entraînement subi par les agents spéciaux dont il est question dans ce film et on nage en plein chaos. De quoi est-il question ? Un simple gros délire sous herbe ? Non, il y a dans le film un semblant de critique du gouvernement américain. Une parodie de la guerre ? Non, le tout est trop incohérent pour dénoncer quoi que ce soit.

Mais quoi alors ?!
Peut-être un peu de tout mais pas dans le bon ordre, pas avec les bons mots, pas avec les bonnes scènes.
Quel dommage, je ne pouvais pas regarder l’affiche sans péter de rire, à la fin du film, je ne pouvais plus voir des chèvres sans pousser un soupir d’ennui. Try again.
Un bon film comme on n’en fait plus sur un vieux rescapé de la guerre de Corée enfermé dans ses préjugés et aux tendances « con buté xénophobe ». Mais il suffit qu’il s’ouvre un peu à la communauté Hmong voisine pour qu’il mette toute son âme dans ses nouvelles amitiés. Ce film me faisait peur car Clint Eastwood ou pas, les trucs avec vieux cons intégrés dont le cœur fond au contact de jeunes malins, sympas et un peu insolents me font peur. Je voyais déjà le twist avec la vieille amitié, l’ancien soldat qui passe de 2 mots/heure (Get out, Shut up, You asshole) à 500 mots/seconde mais non, force est de constater qu’Eastwood peut faire de tout, il aura toujours la classe. Les répliques restent assez gentilles mais franchement savoureuses surtout dans sa phase « m’approchez pas, j’ai fait la guerre en Corée dans les années 50 ». Un très bon film dont on ne voit pas les 2 heures passer car c’est bien construit, pertinent, les persos sont attachants.
Arbre généalogique en roman.
Lecture imposée en classe de seconde.
On s’y perd.
Tergiversations. Psychologie au rabais.
C’est traumatisant.
J’ai développé une capacité surhumaine à lancer des bouquins.
Au secours.
Eternal Summer est un « petit » film très sympathique, dans le sens où il n’est pas prétentieux et n’en fait pas trop.

L’histoire est relativement simple : dans une école primaire, Shane, un petit garçon dissipé et ayant des difficultés de concentration, ne parvient pas à s’intégrer. Sur recommandation de la maîtresse, Jonathan le délégué le prend sous son aile et depuis, les deux garçons sont meilleurs amis. Cette amitié continue jusqu’au lycée où l’arrivée de Carrie révélera la nature des sentiments des deux héros.


Bon sang, je regrette déjà de m’être lancée dans la rédaction de cette chronique ! Quoi qu’il en soit, je m’attaque cette fois à du lourd : la série TV américaine Battlestar Galactica. La plus récente, celle de 2004, avec Ronald D. Moore (Star Trek) à la production. Celle également, qui, tout en gardant ses éléments de science-fiction, est devenue infiniment plus complexe grâce à un plus grand nombre d’actrices féminines de première importance, à de nombreux acteurs de tous horizons et origines et à des sous-intrigues osées et audacieuses. Sans dévoiler trop de moments-clés de l’intrigue, Battlestar Galactica (BSG) nous propulse a priori 2 ou 3 millénaires dans le futur et après 40 ans de trêve depuis la guerre entre les humains et les Cylons, des robots créés pour accomplir les tâches les plus ardues.


À nouveau une histoire de casse, mais de plus grande envergure cette fois avec Denzel Washington, Clive Owen et Jodie Foster à Manhattan. Débutant par une musique indienne envoûtante et absolument pas en adéquation avec le sujet, Inside Man évite tous les clichés du film de braquage en nous mettant sur de fausses pistes (le mobile du crime et non ses auteurs) et surtout, en introduisant des personnages grandes gueules et vifs d’esprit. Dans le rôle de l’inspecteur Keith Frazier, Denzel Washington, chargé de négocier autant que possible avec les criminels tandis qu’ils se sont terrés au fond de la banque avec un grand nombre d’otages.


Une excellente surprise, ce film ! Un petit trésor de scénario en premier lieu et un travail d’orfèvre en second lieu.
Côté scénario, il s’agit de mettre 2 tueurs à gages irlandais dans la ville la moins excitante qui puisse exister pour eux : Bruges. C’est quoi et c’est où ça ? En Belgique. Ah. Le Plat Pays dans tous les sens du terme quoi. Alors certes, c’est beau et féérique, Bruges, mais c’est à peu près tout. Chose que Ray (Colin Farrell) ne cessera de répéter à son partenaire Ken (Brendan Gleeson) : tout est fucking boring in fucking Bruges



Le pitch : Chine, années 80, amour entre femmes. Fin.
Si si c’est ça, difficile de creuser plus en profondeur. Enfin, pour relier un peu ces trois éléments quand même, l’histoire commence par l’arrivée de Min, une orpheline sino-russe chez An et son père, botaniste, afin de suivre une sorte de stage. Si ce dernier est sévère et taciturne, il n’en est pas de même de sa fille, enjouée et tout et tout. Et donc forcément, Min va préférer se réfugier dans les bras de la douce An que de suivre sérieusement ses cours.

L’amour grandissant entre elles est surtout magnifié par les sublimes paysages (vietnamiens, en fait), la musique, les décors et l’image. La réalisation est donc au poil, se focalisant toujours sur la flore, mais c’est à peu près tout ce qui sauve le film.

Certes, on cherche à faire dans le sensuel, on voit une scène de « sauna », des corps nus, peu de dialogues ou… allez j’ose être mauvaise langue : peu de dialogues qui valent le coup, c’est du déjà-vu, le déroulement est sans surprise et sans réflexion.

Et surtout, ce qui coule le film, ce n’est pas l’absence de contexte politique/social/géographique/psychologie mais l’histoire soporifique d’une jolie amourette entre deux jolies filles au milieu d’une grande forêt. On les voit s’amuser, s’échanger leurs coupes de thé – 1 point pour la symbolique chinoise « boire dans la même coupe de thé » – se cacher du père d’An, subir vite fait des regards déplacés, se faire des massages mais pas trop, et on baille, on baille à s’en décrocher la mâchoire si elle ne s’était pas décrochée il y a tout juste 10 minutes.

Et on baille de nouveau quand tout à coup, on apprend que Min se mariera au frère de An, revenu de l’armée. Alors c’est censé être super comme ça, cette dernière pourra rester avec son amoureuse et belle-sœur mais bien sûr, ce n’est pas super car le frère se rend compte de quelque chose de louche. Et à partir de là, les choses ne pourront que mal tourner pour à peu près tous les protagonistes.

Drôle de fin tragique, que je n’avais pas vu venir, mais qui ne change pas pour autant mon avis sur le film, un long documentaire sur la faune et flore vietnamiennes !

Que dire du jeu des actrices pas terriblement convaincant. Celle qui incarne Min (Mylène Jampanoï) a vraiment un nombre limité d’expressions faciales, se repose surtout sur son regard (certes très intense). Celle qui incarne An a l’air d’avoir du mal à se lâcher et incarner son personnage. Bref, on se demande un peu ce qu’elles foutent là, et certaines scènes paraissent même grotesques.
Le scénario me bottait pas trop : une ville dans un futur proche, surpeuplée et terrain de violences interminables. Une substance métallique méconnue, le Heavy Liquid, qui fait planer. Un homme riche qui veut se faire sculpter une œuvre d’art à partir du Heavy Liquid. Néanmoins, au fur et à mesure que je lisais, j’ai été convaincue par les dessins spéciaux de Pope, ses traits nerveux et surtout, la poésie de l’œuvre, malgré la ville sale, la substance franchement louche, etc. Donc c’est progressivement que j’ai plongé dans l’œuvre et son univers, ses nombreuses questions sans réponses. Je finis un peu frustrée que l’auteur n’ait pas plus développé sa vision du futur mais ravie, vraiment ravie de la fin très ouverte, mais pas si évasive que ça.
Il s’agit d’un docu trèèèès subjectif mais ô combien passionnant et caustique sur la MPAA, la Motion Picture Association of America’s rating system, dont les membres totalement anonymes (du moins, pas publics) gèrent la classification des films aux États-Unis, ses effets pervers, son système hiérarchique, sa dictature et évidemment, ses incohérences et son côté puritain. Toujours mieux de voir une cervelle exploser qu’un bout de chair. Toujours mieux de voir une scène sexuelle hétéro que gay. Le docu propose pas mal de comparaisons pertinentes (scènes similaires mais classifiées différemment), beaucoup d’interviews de « victimes » de ce système et des pistes de réflexion variées. Par contre, il y a aussi un scénario sous-jacent avec une détective qui essaie d’en savoir plus sur les membres de cette association tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Néanmoins très instructif.
Où la fameuse police de Hong Kong est remise en cause après un échec cuisant et des incidents qui ont dégénéré. S’ensuit alors une confrontation à travers téléphone et Internet entre d’un côté, cambrioleurs bien armés ayant pris d’assaut un immeuble et de l’autre, la police et sa responsable des relations publiques. L’enjeu est alors l’image publique de la police, qui doit rester conforme à ce que les habitants veulent voir. Film très prenant et abordant ce thème vu, revu et rerevu, intelligemment et de manière inhabituelle. Il vaut le coup rien que pour sa scène d’ouverture de 8 minutes (filmée en une seule fois) et la caméra qui va à toute allure. Dommage pour la fin prévisible et pas terriblement stressante.
Excellent film qui traite bien du sujet sans en faire des tonnes, à savoir un homme qui vieillit mentalement mais rajeunit physiquement au fil du temps.
J’ai surtout aimé la coexistence de plusieurs genres cinématographiques dans le même film entre le fantastique (pas trop, quand même, à part le rajeunissement), les petites romances, les grands moments de danse et les instants de pub où on voit les 2 acteurs sur un yacht en train de poser (faut bien rentabiliser un peu le casting). Et y a de tout, très bien agencé, sans que ça ne fasse patchwork.
Seul regret, montrer les scènes à l’hosto avec l’ouragan Katrina, ce n’est à mon sens pas très utile et pas assez bien développé. Y a d’autres moyens de raconter une telle histoire. Mais globalement, les relations entre les gens sont bien foutues, le microcosme dans lequel Button vit et côtoie d’autres personnes atypiques est bien décrit. J’étais d’ailleurs assez étonnée d’apprendre que l’histoire nous vient de Fitzgerald…
Is she a one-nighter or is she his daughter?
La tagline résume au final assez mal ce film beaucoup plus riche et fouillé qu’elle ne le laisse croire.
Effectivement, une partie du film montre Shing, un policier suspendu de ses fonctions pour corruption, accessoirement assoiffé de sexe qui cumule les relations d’une nuit. Toutes les filles de Macao, où se situe le film, semblent y passer sauf que son dernier coup, Yan, dit à Shing, tout naturellement, que ce dernier a par le passé couché avec sa mère, ce qui fait d’elle sa fille.


L’affiche du film est explicite : I Love You Phillip Morris (ILYPM) parlera de gay, gay, gay. Mais aussi (et surtout) de prison.
 
En effet, le héros, Steven Russell, a décrété qu’être homo, ça douille, donc pour pouvoir s’assurer le train de vie d’un gay branchouille de la côte ouest des US, il multiplie les arnaques, les fraudes à l’assurance, et même les impostures. Évidemment, tout cela le mène à la prison. Sa première visite le fait rencontrer le timide Phillip Morris, dont il tombe passionnément amoureux. Tout le reste de sa vie devient alors une succession de faux-semblants pour protéger ou libérer Phillip Morris.


Quand Poppy Brite arrête avec les vampires-cannibales-gays-pâlichons

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un bouquin aussi rapidement ! Autant le dire tout de suite, ce n’est pas de la littérature de haut niveau, mais qu’est-ce que ça se lit bien. Après enfin avoir laissé tomber ses délires de vampires blanchâtres homosexuels sidéens, Z. Brite a produit tout un tas de livres sur la cuisine de La Nouvelle-Orléans, mélange de cuisines créole, française, italienne et américaine.

On dépasse le stade du gombo, trop classique, on s’attaque à la gastronomie. Les descriptions culinaires sont savoureuses, ce n’est vraiment pas à lire quand on a faim. Fruits de mer, épices fines, entremets… tout y passe. Ce à quoi je ne m’attendais pas, c’est que l’histoire prend une vague allure d’enquête policière assez tirée par les cheveux.

Heureusement, on a toujours des cours de cuisine, le monde impitoyable des restaurateurs et deux héros plutôt réussis. Ils sont gays, en couple, mais jamais de surenchère, pas de grande folle, pas d’esprit torturé, comme aurait pu dépeindre la Poppy Z. Brite d’il y a 15 ans. Les dialogues sont au poil, très vivants, drôles et caustiques.

La narration est un peu plus poussive, fastidieuse mais qu’importe le flacon, on a l’ivresse : La Belle Rouge tourne autour du restaurant ouvert par les héros, Alcool, dont tous les plats sont arrosés de spiritueux. J’ai tout de suite embarqué pour cette aventure au pays des bayous, des politiciens crapuleux, des coups bas, des menus qui font baver et des âmes perdues. Puis, je me suis jetée sur Amazon pour commander le livre qui a précédé La Belle Rouge, soit Alcool. En anglais, car la version française, très jolie, éditée par Au Diable Vauvert, est quand même monstrueusement chère, autour de 20 €.